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lundi 25 octobre 2021

Proche-Orient: L’accord Fatah-Hamas, passage obligé pour la reprise des relations avec Biden

L’accord entre le Fatah et le Hamas pour la tenue des premières élections palestiniennes en près de quinze ans est un passage obligé afin de relancer les relations avec les États-Unis et, à terme, des pourparlers avec Israël, estiment des analystes.

Par Mourad M.

Après de nombreux reports et rumeurs, le Président palestinien Mahmoud Abbas a signé le 15 janvier, quelques jours avant l’entrée en fonction du nouveau Président américain Joe Biden, un décret pour des élections législatives et présidentielles en mai et en juillet.
Les factions palestiniennes, en premier lieu les ténors du Hamas et du Fatah, ont fait un pas vers ces scrutins mardi, à la faveur d’un accord conclu au Caire sur les mécanismes cruciaux à leur tenue. Parmi eux : la mise sur pied d’un «tribunal électoral» pour superviser le processus et arbitrer d’éventuels griefs quant aux résultats.
Il s’agit d’éviter le scénario des dernières législatives en 2006, lorsque la contestation des résultats avait entraîné des affrontements sanglants entre les deux camps et scindé les Territoires palestiniens en deux grandes administrations.
L’Autorité palestinienne, contrôlée par le parti laïc Fatah de Mahmoud Abbas, siège en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967. Les islamistes du Hamas d’Ismaël Haniyeh règnent sur la bande de Ghaza, territoire sous blocus israélien.
Ces deux voix n’ont pas réussi à contrecarrer l’administration de Donald Trump qui a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, plaidé pour l’annexion de pans de la Cisjordanie et œuvré à la normalisation des relations entre l’État hébreu et plusieurs pays arabes.
Or la victoire de Joe Biden a poussé M. Abbas à s’engager dans des élections et à lancer un dialogue «sérieux» avec le Hamas, pour renouveler la légitimité des institutions palestiniennes, estime Ashraf Abou al-Houl, spécialiste du dossier palestinien au quotidien égyptien «al-Ahram».
Les pressions internationales pour relancer des pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens ne se «concrétiseront pas sans une unité préalable des Palestiniens», dit-il à l’AFP, ajoutant que l’Egypte et la Jordanie ont multiplié les «efforts» pour favoriser le rapprochement Fatah/Hamas. D’autant que la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes ces derniers mois a accentué la pression sur les Palestiniens pour parler d’une voix unie, ce qui passe par des élections, estime M. Houl. Après ces élections, les Palestiniens prévoient d’intégrer le Hamas au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), structure reconnue par les accords d’Oslo comme représentant officiellement tous les Palestiniens.
«Le Hamas veut être un mouvement reconnu internationalement au sein de l’OLP et être un partenaire de l’Autorité palestinienne (…) car ce n’est qu’avec l’unité que nous pourrons contrecarrer les plans des Israéliens», a indiqué à l’AFP un haut responsable du Hamas. Pour Mohamed Masharqa, directeur du Centre pour le progrès arabe, un institut d’analyse basé à Londres, le Hamas n’a pas d’autre option que des élections pour être «reconnu autrement que comme une organisation terroriste». «Les deux camps sentent bien que leur légitimité est en jeu. Ils ont donc besoin d’élections pour la renouveler mais elles accoucheront encore d’un pouvoir bicéphale, entre Ghaza et Ramallah, ville-siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie», estime l’analyste Abdel Salam Aqal.
Selon lui, la réconciliation Hamas/Fatah est cruciale pour le succès électoral du parti mais aussi celle au sein même du Fatah, entre le camp du Président Abbas et celui du frondeur Mohammed Dahlane, exilé aux Emirats arabes unis. Et les analystes rivalisent de scénarios concernant les listes électorales.
Le Hamas et le Fatah présenteront-ils une liste commune ? M. Dahlane reviendra-t-il dans les bonnes grâces du Fatah ? Fera-t-il liste commune avec Marwan Barghouthi, le plus populaire chez les Palestiniens selon les sondages mais écroué en Israël pour meurtres ? Ce dernier a reçu la visite en prison jeudi du ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh. Les deux hommes ont parlé des élections, a indiqué le ministre dans un communiqué, sans préciser si M. Barghouthi comptait se présenter.
M. M.

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