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lundi 27 juin 2022

Prix : Le pétrole se maintient… dans le yoyo

Les cours du pétrole font le grand huit depuis le blocage du canal de Suez par un immense porte-conteneurs. Le transit entre l’Asie et l’Europe par cette route maritime-clé dure depuis quelques jours et personne ne sait quand il sera débloqué. Les prix du pétrole font du yoyo, trois dollars de plus un jour, trois dollars de moins le lendemain.

Par Meriem Benchaouia

Pour certains analystes, la volatilité de l’or noir ne durera pas, quand pour d’autres les mauvaises nouvelles sur le front de la pandémie vont alimenter durablement la fébrilité des marchés et affecter la demande future de pétrole. Au terme d’une semaine en dents de scie, les prix du pétrole ont terminé en forte hausse, tandis qu’une tentative de renflouer le porte-conteneurs bloquant le canal de Suez et gênant l’approvisionnement européen en or noir a échoué. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a conclu en hausse de 4,23 % ou 2,62 dollars à Londres à 64,57 dollars par rapport à la clôture de la veille. A New York, le baril américain de WTI pour le même mois a gagné 4,11 % ou 2,41 dollars à 60,97 dollars. Pour Melinda Eadson, analyste de Oanda, «la volatilité récente (…) est encore loin de s’éteindre», alors que les cours ont fait le grand huit depuis le début de la semaine. Elle l’explique par «les préoccupations concernant la demande future de pétrole brut». Surtout, les cas du Covid-19 sont «en forte hausse dans les principales économies en développement comme l’Inde et le Brésil, dont la consommation de pétrole est un facteur-clé de soutien des prix», a relevé Mme Eadson. Les deux pays sont, après les Etats-Unis, les plus endeuillés par le Covid-19. Le Brésil a d’ailleurs franchi mercredi le cap des
300 000 morts du coronavirus, quand l’Inde en déplore plus de 160 000. «En peu de temps, les perspectives de reprise mondiale se sont détériorées, ce qui soulève des questions sur la demande future d’or noir», a ajouté l’analyste de Oanda. Le marché est également fébrile à une semaine du prochain sommet ministériel des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés via l’accord Opep+, qui se tiendra jeudi prochain, le 1er avril.

Blocage du canal de Suez et retards de livraison de brut
«Cela ne devrait pas faire bouger le marché à ce point, mais cela n’empêche pas les courtiers de faire de l’argent un jour et de le perdre le lendemain», a déclaré James Williams de WTRG Economics, ajoutant que le blocage de cette route commerciale-clé pouvait «poser des problèmes de livraison de brut pour la Grande-Bretagne et l’Europe». «Mais si cette livraison de brut a un retard de trois ou quatre jours, ils peuvent toujours se tourner vers les Etats-Unis pour s’approvisionner», soulignait l’analyste. «L’effet de la perturbation ne durera probablement pas trop longtemps», a aussi jugé Bjornar Tonhaugen de Rystad. Le canal voit passer, selon les experts, près de 10 % du commerce maritime international. Selon la SCA, il faudrait retirer entre 15 000 et 20 000 mètres cubes de sable pour atteindre une profondeur de 12 à 16 mètres et remettre le navire à flot. Mohab Mamish, conseillé du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en matière portuaire, a indiqué que la navigation reprendrait «dans 48 à 72 heures maximum». «J’ai l’expérience de plusieurs opérations de sauvetage de ce type et, en tant qu’ancien président de l’Autorité du canal de Suez, je connais chaque centimètre du canal», a ajouté M. Mamish, qui a supervisé la récente expansion de cette voie maritime qui voit passer, selon les experts, près de 10 % du commerce maritime international. Mais, quelques heures plus tôt, la société néerlandaise Smit Salvage avait prévenu que l’opération pourrait prendre «des jours, voire des semaines».
M. B.

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