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dimanche 26 juin 2022

Prix du baril et taux d’avancement de la vaccination

L’immobilisation du mastodonte Ever Given en travers du canal de Suez a provoqué une hausse du baril de pétrole de quelque 6 %. Mais la réouverture du canal après une opération de déblocage qui aura tenu le monde en haleine (à mettre au crédit des ingénieurs égyptiens, une réussite telle que le passage par le canal, un instant mis en doute, s’en est trouvé aussitôt réhabilité) devrait ramener le baril à son niveau d’avant l’échouage du géant des mers. Les cours pétroliers n’en continuent pas moins d’avoir le vent en poupe, se maintenant à une hauteur sensiblement au-dessus de celle où les avait ravalés la crise, dans un premier temps financière, dans un second économique de 2008, puis la pandémie de Covid-19, qui a ajouté la récession à la récession. On peut dire qu’aujourd’hui tout est susceptible de les pousser vers le haut, de même que par le passé tout tendait à les comprimer. Si la conjoncture leur est favorable, elle ne l’est pas de façon excessive pour autant. Il ne semble pas qu’elle puisse en tout cas dès à présent les porter dans la fourchette des 70-80 dollars le baril. C’est déjà assez qu’elle les maintienne dans le palier immédiatement inférieur des 60-70 dollars, à équidistance des deux valeurs.

La reprise économique commençant à peine, il aurait été logique que les prix repassent en sens inverse la barre des 60 dollars. Il se trouve qu’aujourd’hui le bon indice pour suivre leur évolution a ceci de particulier qu’il n’est même pas économique : c’est l’état d’avancement de la vaccination dans les pays pesant le plus dans l’économie mondiale. Pour l’heure, il n’y a que la Chine et ses dépendances asiatiques qui renouent de façon nette avec la croissance. Comme de juste, ces pays ont été les premiers à placer la pandémie sous contrôle. Depuis plusieurs mois déjà, le jour normal chez eux est celui où il n’est enregistré aucune nouvelle contamination ; et à l’inverse, le jour sortant de l’ordinaire, celui où quelques nouveaux cas sont rapportés, en général d’ailleurs moins d’une dizaine. C’est leur dynamisme retrouvé qui a fait monter le prix du baril à la hauteur à laquelle il tend à se stabiliser aujourd’hui. Dans ces pays, ce n’est pas le pourcentage de leur population déjà vaccinée qui importe, mais la rareté des nouvelles infections. La politique de Zéro Covid mise en œuvre par eux depuis le début de l’épidémie leur a permis de renouer avant tout le monde avec la croissance, les autres grandes économies étant toujours engluées dans la récession et la pandémie. En Occident, le repère le plus fiable n’est donc pas économique mais sanitaire. Deux pays sortent du lot : les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, les deux pays où la vaccination est la plus avancée. Bien qu’elle le soit davantage dans le premier que dans le second, c’est dans ce dernier que l’économie a le plus de chance de sortir de sa torpeur en premier. Mais au rythme où se déroule la vaccination aux Etats-Unis, dès la fin du mois d’avril, l’immunité collective sera probablement atteinte. La reprise y jouera alors à plein. Le taux d’avancement de cette opération aux Etats-Unis est aujourd’hui de 29 % pour ce qui est de la population ayant reçu une première dose, de 16 % pour celle ayant reçu les deux. Le prix du baril pourrait bien être indexé sur lui, toutes choses égales par ailleurs. Or ce prix est lui-même le meilleur indicateur de l’état de l’économie mondiale.

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