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mercredi 1 février 2023

Préventive

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la possibilité de
l’utilisation par Moscou d’une arme nucléaire inquiète particulièrement l’Occident. Or depuis quelques jours, le président russe indique que cette option est aujourd’hui envisageable. En effet, pour la deuxième fois cette semaine, Vladimir Poutine a agité la menace nucléaire en laissant entendre que Moscou pourrait réviser sa doctrine consistant à ne pas frapper en premier. La Russie pourrait ainsi modifier sa doctrine militaire en introduisant la possibilité d’une frappe nucléaire préventive pour désarmer un ennemi, a déclaré, vendredi, le maître du Kremlin. Il répondait à une question d’un journaliste, lors d’une visite à Bichkek, qui lui demandait de clarifier sa déclaration du début de la semaine sur l’emploi des armes nucléaires. S’adressant à la presse quelques jours après avoir averti que le risque de guerre nucléaire augmentait mais que la Russie ne frapperait pas la première, Vladimir Poutine a déclaré que Moscou envisageait d’adopter ce qu’il a appelé le concept de Washington d’une frappe préventive. «Tout d’abord, les États-Unis ont développé le concept d’une frappe préventive. Deuxièmement, ils développent un système de frappe visant à désarmer (l’ennemi)», a déclaré le président Poutine aux journalistes suivant sa visite au Kirghizstan. Il a ajouté que Moscou devrait peut-être penser à adopter les «idées développées par les Américains pour assurer leur propre sécurité». «Nous ne faisons qu’y réfléchir», a-t-il toutefois précisé. Le président russe a également affirmé que les missiles de croisière et les systèmes hypersoniques de son pays étaient «plus modernes et même plus efficaces» que ceux des États-Unis. Mercredi, Vladimir Poutine avait assuré que Moscou ne serait pas le premier à déployer des armes atomiques. «La Russie ne les utiliserait en premier en aucune circonstance», a-t-il affirmé, avant d’ajouter : «Mais si elle ne les utilise en premier en aucune circonstance, elle ne sera pas la deuxième à les utiliser non plus, car les chances de les utiliser dans le cas d’une frappe nucléaire contre notre territoire sont très minces». Le département d’État américain avait condamné ces déclarations, estimant que «toute discussion, même vague, sur les armes nucléaires est absolument irresponsable». Le spectre d’une éventuelle guerre nucléaire est revenu sur le devant de la scène internationale après l’invasion de l’Ukraine en février, soulignant l’érosion de l’architecture de sécurité mondiale datant de la guerre froide. La lente progression russe en Ukraine a fait craindre que Moscou n’envisage, pour accélérer sa conquête, un recours à son arsenal nucléaire. Un scénario inquiétant qui signifierait probablement l’implication des États-Unis qui ne pourraient rester les bras croisés.

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