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vendredi 19 août 2022

Prévalence du cancer: La confusion des chiffres

Que cache l’anarchie des chiffres sur le nombre des cas de cancer en Algérie ? A la qualité de la prise en charge médicale qui laisse à désirer, s’ajoute une incompréhensible confusion sur le nombre de patients réellement existant. Une incapacité des responsables du secteur à accorder leurs violons qui en dit long sur les lacunes que connaissent les services d’oncologie à travers le pays. Dans la journée d’hier, le ministre de tutelle, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré que 50 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés chaque année en Algérie. Le ministre s’exprimait à l’occasion d’une journée de sensibilisation à l’occasion du mois d’Octobre rose des Nations unies pour la prévention du cancer du sein. De son côté, le Professeur Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie médicale, a affirmé, dans la même journée, que 65 000 nouveaux cas de cancer, tous types confondus, ont été recensés en Algérie depuis le début de l’année 2021. L’on relève aussi une autre incompatibilité de chiffres concernant le cancer du sein. Alors que le Professeur Bouzid avançait le nombre de 15 000 cas de cancer du sein depuis le début de l’année, soit durant les neuf premiers mois de 2021. Une dépêche de l’agence APS, citant les données du Fichier national, fait état de 14 000 nouveaux cas enregistrés chaque année. L’Algérie, qui ambitionne d’améliorer la prise en charge des cancéreux, est censée
d’abord disposer de données statistiques fiables, pour mieux cibler sa stratégie de lutte contre la maladie. Les pénuries de médicaments, les pannes récurrentes des appareils de traitement par radiothérapie et les rendez-vous éloignés pour des malades en extrême urgence médicale, ont certainement, pour cause profonde un manque de visibilité flagrant. Gérer c’est prévoir, dit-on. En l’absence d’une base de données accessible aux responsables administratifs et au personnel médical, l’on ne peut que naviguer à vue. Bien qu’un fichier national existe, il ne semble pas constituer une référence. Pour preuve, ni le ministre Benbouzid ni le Professeur Bouzid ne l’ont cité en avançant leurs chiffres.

Aomar Fekrache

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