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dimanche 1 août 2021

Présidentielle américaine: Le premier débat Trump/Biden vire au chaos

Invectives, railleries, attaques personnelles : le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden a offert, mardi, un spectacle particulièrement chaotique, à 35 jours d’une élection présidentielle américaine sous haute tension.

Par Rosa C.


Lors d’un duel télévisé suivi par des dizaines de millions d’Américains, le candidat démocrate de 77 ans a traité le 45e président des États-Unis, 74 ans, de «menteur», de «raciste» puis de «clown». «Vous allez la fermer, mec !», lui a-t-il même lancé alors que la confrontation virait à la cacophonie.
«Il n’y a rien d’intelligent en vous», a de son côté martelé Donald Trump qui, en mauvaise posture dans les sondages, espérait un faux pas de son rival qui n’a pas eu lieu.
Mâchoires serrées, le locataire de la Maison-Blanche, qui briguera le 3 novembre un second mandat de quatre ans, s’est efforcé de dépeindre son adversaire comme une marionnette de la «gauche radicale», que ce soit sur la santé, la sécurité ou le climat.
Mais l’ancien vice-président de Barack Obama, dont la combativité suscitait des interrogations, a tenu le choc dans ce face-à-face organisé à Cleveland, dans l’Ohio, parmi les États les plus disputés de l’élection.
Les yeux plantés dans la caméra, il a régulièrement pris les Américains à témoin, les appelant à se rendre aux urnes pour éviter «quatre années de plus de mensonges». S’il a parfois buté sur les mots, il a évité les gaffes que redoutaient certains dans son camp.
«Ce débat restera comme l’un des pires de l’histoire», a déclaré à l’AFP Aaron Kall, enseignant à l’Université du Michigan et spécialiste des duels présidentiels.
Si Joe Biden s’est engagé à accepter le résultat du scrutin, Donald Trump a, lui, esquivé, se bornant une fois de plus à affirmer sans preuves que le vote par correspondance, qui s’annonce important en raison du Covid-19, favoriserait des «fraudes» sans précédent et pourrait empêcher de connaître le vainqueur «avant des mois».
Le président sortant a peiné, tout au long du débat, à reprendre la main, tentant continuellement d’interrompre «Joe» jusqu’à se faire fermement rappeler à l’ordre par le modérateur, le journaliste de Fox News, Chris Wallace.
«Etes-vous pour la loi et l’ordre ?», a interrogé Donald Trump, cravate sombre rayée de rouge, dans un échange particulièrement tendu, où il a accusé son rival de faiblesse face à la criminalité et aux violences.
«La loi et l’ordre avec la justice», a répondu son adversaire démocrate, cravate à fines rayures noires et blanches.
Le milliardaire républicain s’est aussi attiré de vives critiques du camp démocrate pour sa réponse trouble lorsque le journaliste lui a demandé s’il était prêt à condamner les suprémacistes blancs comme les Proud Boys. Le président a, au final, appelé les Proud Boys à «reculer et à se tenir prêts» («Proud Boys – stand back and stand by»). Le groupe paramilitaire a semblé adopter le slogan, postant sur les réseaux sociaux un logo avec la mention «Stand Back, Stand By». Dans sa tentative de déporter Joe Biden, pur produit de l’aile modérée du parti démocrate, à gauche toute sur l’échiquier politique américain, M. Trump l’a accusé de vouloir un système de santé «socialiste».
Son adversaire a lui au contraire dénoncé la volonté du locataire de la Maison-Blanche d’installer une juge conservatrice à la Cour suprême juste avant le scrutin du 3 novembre, pour pouvoir selon lui «se débarrasser» de l’Obamacare, l’assurance-santé mise en place lorsqu’il était lui-même vice-président de Barack Obama.
Les deux candidats septuagénaires se sont également écharpés sur le bilan de la pandémie de Covid-19 aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 205.000 morts.
«Vous n’auriez jamais pu faire le travail que nous avons fait, vous n’avez pas cela dans le sang», a martelé Donald Trump.
«Je sais ce qu’il faut faire, tandis que le président n’a aucun plan», a répondu Joe Biden.
Coronavirus oblige, et comme prévu, les deux hommes ne se sont pas serré la main sur la scène de Cleveland, où ils faisaient face à un public restreint, avec leurs épouses, Melania Trump et Jill Biden, toutes deux masquées.
R. C.

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