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samedi 25 mai 2024

Présidentiable

Si Marine Le Pen, la candidate par trois fois à l’élection présidentielle française qui a réussi à atteindre deux fois déjà le second tour du scrutin suprême, a maîtrisé à la perfection ces dernières années une stratégie, c’est celle du silence. En effet, loin de ses collègues de l’extrême-gauche, qui vocifèrent continuellement à tort et à travers et qui ce faisant perdent en crédibilité, l’ex-patronne du Rassemblement National par ses prises de positions sobres et rares désormais, gagne non seulement en popularité mais surtout en crédibilité. Ainsi, si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu cette semaine, avec la même offre politique qu’en avril 2022, la candidate du RN arriverait largement en tête, avec 29,5 % des voix, selon un sondage Cluster 17 pour «Le Point». Emmanuel Macron perdrait trois points mais se qualifierait pour le second tour avec 24,5 % des suffrages, devant Jean-Luc Mélenchon (17,5 %). À la différence de ses deux principaux concurrents, Marine Le Pen parviendrait à agréger de nouveaux électeurs. «La progression de Marine Le Pen s’effectue principalement sur son socle d’électeurs populaires, sociaux et conservateurs. Mais également dans la droite identitaire au détriment d’Éric Zemmour et de Valérie Pécresse», souligne Jean-Yves Dormagen, président et fondateur de Cluster 17. Les «clusters», ces familles électorales, qui votent habituellement pour la candidate nationaliste voteraient encore pour elle : 59 % des «réfractaires» et 73 % des «eurosceptiques», par exemple. Elle resterait également très haut chez les «sociaux-patriotes», qui sont, avec les «révoltés», le cluster le plus pauvre, il est essentiellement composé d’ex-Gilets jaunes. Mais elle progresserait nettement chez les «identitaires» (62 %), qui avaient eu tendance à voter pour Éric Zemmour, et les «anti-assistanat» (48 %), qui votaient historiquement pour les candidats des Républicains. Il est encore plus frappant d’observer que Marine Le Pen arriverait deuxième chez les «libéraux» (20 %), derrière Emmanuel Macron. Cela illustre la pénétration du RN au sein de l’électorat LR ; ce cluster phare de la droite avait voté à 60 % pour François Fillon en 2017. Les résultats de ce sondage confirment cette évolution structurante, que l’on voit à l’œuvre depuis plusieurs années : les sympathisants LR ont nettement changé d’avis sur le RN et Marine Le Pen. Dans la dernière étude «Fractures françaises», par exemple, plus d’un sympathisant LR sur deux (54 %) affirmait que le RN est «capable de gouverner le pays», le chiffre a presque doublé en seulement deux ans (24 % en 2021). Seuls 58 % d’entre eux qualifient aujourd’hui le parti à la flamme «d’extrême droite», contre 71 % en 2022 et 81 % en 2021. Sur l’ensemble des sondés, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale arrive en tête (40 %), devant Gabriel Attal (39 %), Édouard Philippe (36 %) et Jordan Bardella (34 %). Marine Le Pen progresse également auprès de toutes les catégories socioprofessionnelles. Elle arrive, sans surprise, largement en tête chez les ouvriers : 51 % d’entre eux seraient prêts à voter pour elle, contre seulement 6 % pour Jean-Luc Mélenchon. L’ex-candidate du Rassemblement National arrive en tête chez les agriculteurs et travailleurs indépendants (40 %) et les employés (46 %). Mais elle semble séduire une part croissante des retraités, acquis au vote Macron, se plaçant en deuxième position (24 %), dix points seulement derrière Emmanuel Macron. Toutefois, ces chiffres ne sont aujourd’hui qu’une projection qu’il faudrait convertir en véritables votes dans les urnes d’ici à 2027. Mais l’on ne peut que remarquer que Marine Le Pen conforte son image de présidentiable et que les Français semblent être de plus en plus nombreux à estimer qu’un mandat de la candidate du Rassemblement National à l’Élysée n’est plus inenvisageable.

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