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lundi 6 février 2023

Présentée hors compétition: «En’Nasekh wel Mensoukh», une satire sociale

«En’Nasekh wel Mensoukh» (Le clone et le cloné), pièce de théâtre scientifique qui met en garde contre tout savoir démuni de conscience et d’éthique, a été présentée hors compétition, samedi à Alger, dans le cadre du 15e Festival national du théâtre professionnel (FNTP).
Le public restreint de la salle El Hadj-Omar du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), où le 15e FNTP a élu domicile du 23 décembre 2022 au 1er janvier 2023, a pu vivre une expérience scientifique théâtralisée, se donnant pour mission essentielle, la diffusion des savoirs, des connaissances scientifiques en dehors des laboratoires.
Ecrite et mise en scène par Mahfoud Fellous, «En’Nasekh wel Mensoukh» raconte, 50 mn durant, l’histoire de deux biologistes, «Professeur Boukeraïne», interprété par Khaled Gherbi et son confrère «Boualem», campé par Fayçal Boussaid, dont les visions sont diamétralement opposées sur les questions du clonage, ainsi que celles de la manipulation des organismes génétiquement modifiés (OGM). Pendant que le Professeur Boukeraïne, adepte farouche du principe du clonage humain, avance pour argument principal le progrès et l’avancée de la science, son confrère, le Professeur Boualem, s’y oppose catégoriquement, justifiant sa position par des questions d’ordre éthique ainsi que les risques encourus devant l’incertitude de telles expériences. La dualité entre les deux scientifiques s’accentue et Boukeraïne, défiant tout le monde et résolu à aller au bout de sa logique diabolique, s’enferme dans son laboratoire et persévère, pour voir son clone apparaître, non sans vivre le premier conflit génétique avec lui.
Conseillé par la petite voix malveillante du miroir, rendue par Souad Ouaïl et Iniès Yahiaoui, le clone va se retourner contre son maître et le tuer pour asseoir sa suprématie sur la race humaine.
La scénographie, œuvre de Abdelghani Khebil, a consisté en un éclairage clair par moments et bleuâtre dans d’autres, renvoyant aux expériences de laboratoire, ainsi que trois panneaux en forme d’armoires miroitées à l’intérieur et frappés du dessin de «Guernica», célèbre œuvre de Pablo Picasso, au visage décomposé renvoyant à l’idée du clonage. La bande des bruitages et de la musique, signée Iniès Yahiaoui et Rafik Chioukh, a été concluante et d’un grand apport à la trame, créant les atmosphères adéquates à l’ambiance des laboratoires et marquant les différentes situations, avec comme corpus musical servant de leitmotiv, une composition du regretté Chérif Kortbi (1935-2010), à qui le metteur en scène voulait rendre hommage. A l’issue du spectacle, le public, tenu en haleine durant toute la pièce, a longtemps applaudi les artistes.
Kamelia Y.

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