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mardi 21 mai 2024

Près de 8 000 affaires traitées en huit mois: Ampleur du silence et occultation des violences faites aux femmes

Les chiffres de la brutalité dans les ménages en Algérie sont plus
qu’alarmants. Aujourd’hui, comme on le voit, les violences faites aux femmes prennent l’ampleur d’une épidémie. Elles portent gravement atteinte aussi bien à la santé publique qu’aux droits de l’Homme. Les enquêtes et études menées dans notre pays ont dévoilé la proportion prise par les violences physiques, sans pour autant réduire la portée des autres souffrances éprouvées par les victimes qui, pour des raisons liées surtout à l’environnement et au niveau culturel, sont cachées dans la plupart des cas : violence psychologique, harcèlement sexuel, etc. Pourtant la législation a changé, car depuis 2015 une loi protégeant les victimes a été adoptée. Un texte qui renforce les peines contre toute forme de maltraitance, cela va jusqu’au au harcèlement de rue. Bien que celles-ci jouissent de plus de droits, les femmes n’osent toujours pas porter plainte.
Il reste encore beaucoup à faire pour briser la loi du silence. Durant les 8 premiers mois de l’année en cours, près de
8 000 affaires liées à des violences contre des femmes et des filles ont été traitées par les services de la Gendarmerie nationale, a révélé son représentant, Walid Riadh Boukabbou. Des statistiques qui cachent sûrement une réalité encore plus terrible, face à celles qui se taisent, trop honteuses d’avouer qu’elles sont battues. M. Boukabbou intervenait lors de la 2e édition de l’atelier du réseau des journalistes pour la lutte contre les violences faites aux femmes et filles, organisé par le Programme des Nations unies pour la population (FNUAP), l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en coordination avec le gouvernement algérien et l’ambassade des Pays-Bas en Algérie.
Présentant le rôle de la Gendarmerie nationale dans la lutte contre ce phénomène sociétal, il a ainsi fait savoir que pas moins de 7 994 affaires y afférentes ont été prises en charge par cette institution, soit une hausse de 0,56 % comparativement à la même période de l’année écoulée. Ce qui l’amène à relever une «légère stabilité» des actes de violence basés sur le genre, faisant savoir que sur le total des cas recensés, 51 % des faits relèvent de l’humiliation et de la menace, 38 % sont des agressions physiques, 4 % ont trait aux atteintes à la vie personnelle des victimes, alors que 2 % représentent les rapts de filles. En outre, 2 % également de ces dernières ont subi des actes immoraux et autant ont été incitées à l’acte sexuel, tandis que 1 % d’entre elles ont été sujettes à des harcèlements sexuels, a-t-il ajouté.
S’agissant de la répartition par âge, le même responsable a précisé que 31 % des victimes des violences ont plus de 42 ans, 28 % sont âgées entre 30 et 42 ans, 24 % ont entre 18 et 30 ans et, enfin, 17 % figurent dans la tranche d’âge des moins de 18 ans.
Et de déduire que cette problématique affecte tous les âges et conditions sociales, au sein de la famille et en dehors de celle-ci, avant de relever que les brigades de la Gendarmerie nationale ciblent de manière particulière les zones les plus enclavées pour y marquer leur présence et d’assurer de «l’intérêt» accordé par ce corps de sécurité aux actions du gouvernement pour lutter contre le phénomène de la violence faite aux femmes, citant la campagne de sensibilisation, annuellement menée en prévision de la Journée mondiale de lutte contre ce fléau. Représentant la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la responsable du bureau de la Protection des personnes vulnérables, Yasmine Khouas, a passé en revue le dispositif mis en place par l’institution afin de combattre ce type de violences, de même que la stratégie de communication suivie à cet effet. De son côté, la directrice des Affaires pénales au ministère de la Justice, Mme Ouriche, a passé en revue les outils juridiques mis en place par l’Algérie dans le sens de la protection de la femme, citant, entre autres, la Constitution amendée de 2020 ainsi que la loi 90-11sur le travail et le code de la famille amendé. Allant dans ce sens, la représentante du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Moussaoui, a considéré que l’arsenal juridique dont dispose l’Algérie a connu une «grande avancée», comparativement à de nombreux pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA).
Meriem Benchaouia

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