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mardi 26 octobre 2021

Pr Belhadj au sujet de la grande réticence à la vaccination: «Nous ne pourrons jamais atteindre 30 millions de vaccinés d’ici décembre»

L’objectif de vacciner 30 à 35 millions d’Algériens d’ici le mois de décembre semble difficile d’atteinte. En raison de la réduction du nombre de contaminations quotidiennes, les Algériens font preuve d’une réticence de plus en plus grandissante envers le vaccin contre le Covid-19. Ce constat inquiète les professionnels de santé.
Alors que la 4e vague reste un risque auquel il faut se préparer, les Algériens sont de plus en plus hésitants à l’égard du vaccin contre le coronavirus. Ils se comptent par millions, les enseignants, les étudiants, les fonctionnaires ou encore les travailleurs qui ne sont pas encore vaccinés. Afin d’endiguer la propagation de l’épidémie, les spécialistes et responsables au secteur de la Santé ne cessent de multiplier les appels à la nécessité de se faire vacciner et de respecter les mesures préventives. Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio nationale, le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha Pacha, président du Syndicat des enseignants professeurs et chercheurs universitaires, a fait part de son inquiétude et livré un constat pour le moins inquiétant. Ainsi, le médecin spécialiste a mis en garde contre la baisse d’engouement pour la vaccination, en raison de la réduction du nombre de contaminations quotidiennes. «Lorsqu’il y a plus de cas, plus de décès et plus d’angoisse, les gens vont aller se faire vacciner. Maintenant, nous sommes dans une situation d’accalmie, avec moins de décès, moins de cas et moins de personnes hospitalisées, on est à une vitesse très faible de vaccination», a constate le Professeur qui avertit que «l’Algérie est encore loin de pouvoir prétendre à l’immunité collective».Il a notamment confié qu’«à ce rythme là, nous ne pourrons jamais atteindre 30 millions d’Algériens vaccinés d’ici décembre».
Pour le spécialiste, «le danger se situe dans les secteurs où il y a des masses de personnels». Il a cité en exemple l’Enseignement supérieur. «Nous avons deux millions d’étudiants, moins de 4 % d’entre eux sont vaccinés», dira le Professeur. «Ceci inquiète les professionnels de santé, car les étudiants en médecine sont en contact avec les patients dans les hôpitaux», a-t-il rappellé. Il a regretté également certains comportements, constatés y compris dans les rangs du personnel de santé. «Ce n’est pas étique, ni déontologique, que des gens qui ont refusé le vaccin demandent maintenant à se faire administrer un vaccin précis pour pouvoir faire leurs démarches de visa», s’est indigné le Pr Rachid Belhadj. Afin de protéger la population, l’intervenant n’a pas exclu la possibilité «d’obligation de vaccination pour les personnels de santé ou d’instauration du pass sanitaire pour certains secteurs sensibles». «Ceci est en vigueur même dans les pays les plus démocratiques», a-t-il argumenté. Le spécialiste a mis en garde également contre le relâchement dans le respect du protocole sanitaire obligatoire, à savoir la distanciation physique et le port du masque. «Les gens ne respectent plus les gestes barrières», a alerté le spécialiste. Pour autant, il a estimé qu’il «ne faut pas baisser les bras et continuer à sensibiliser la population». Il a lancé un énième appel à l’ensemble des travailleurs à se faire vacciner. «Nous lançons, encore une fois, un nouvel appel, particulièrement en direction de la population active, dans les secteurs tels que l’enseignement, y compris les étudiants, ou les secteurs économiques public et privé, à se faire vacciner», a exhorté le Pr Rachid Belhadj.

Louisa Ait Ramdane

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