15.9 C
Alger
vendredi 30 septembre 2022

Pouvoir

La vie politique pakistanaise a toujours été agitée et à traversé d’énormes crises, comme lors de l’assassinat de la Premier ministre Benazir Bhutto en 2007. La plus récente crise politique du pays a débuté en mars dernier, lorsque le Premier ministre, Imran Khan, perd la majorité absolue à l’Assemblée Nationale et se transforme en crise constitutionnelle. Aujourd’hui, les dirigeants de l’opposition pakistanaise ont prévenu que les autorités franchiraient une «ligne rouge» si elles arrêtaient Imran Khan, accusé de trahison pour ses commentaires sur le système judiciaire. Renversé le 10 avril par une motion de censure, Imran Khan a depuis organisé de vastes rassemblements dans le pays pour faire pression sur la fragile coalition au pouvoir. Hier, des centaines de personnes se sont rassemblées devant sa maison près de la capitale Islamabad, apparemment pour empêcher la police d’y accéder, alors que l’ancienne star de cricket se bat depuis des mois contre une série d’accusations, sans avoir été arrêté jusqu’ici. Un rapport préliminaire a été déposé auprès de la police dimanche, première étape d’un processus qui pourrait conduire à des accusations formelles et à une arrestation. «Où que vous soyez, rejoignez Bani Gala aujourd’hui et montrez votre solidarité avec Imran Khan», a tweeté l’ancien ministre de l’Information Fawad Chaudhry, en référence au domicile de Imran Khan. «Imran Khan est notre ligne rouge», a-t-il ajouté. Le parti Pakistan Tehreek-e-insaf (PTI) d’Imran Khan a jugé «sans fondement» les dernières accusations portées contre son leader. «Nous émettons de sérieuses réserves quant à cette démarche mue par des considérations politiques qui renforce l’instabilité dans le pays», a déclaré le PTI dans un communiqué. Imran Khan a organisé une série de vastes rassemblements depuis son éviction, mettant en garde les institutions, y compris la puissante armée, de ne pas soutenir le gouvernement dirigé par un de ses rivaux politiques de longue date, Shehbaz Sharif. Dimanche, il a critiqué un magistrat signataire du mandat d’arrêt d’un responsable du PTI, détenu depuis une semaine et qui, selon les dirigeants du parti, a été torturé en détention. Le principal objectif de Imran Khan est d’obtenir des élections générales anticipées, mais le gouvernement n’a montré aucun signe en ce sens, bien que confronté à des problèmes économiques majeurs. Imran Khan avait été élu en 2018 sur la promesse de mettre fin à la corruption. Mais le soutien populaire dont il bénéficiait s’était ensuite érodé face aux difficultés économiques. Sous son règne, les indicateurs économiques du pays ont chuté, et le Fonds monétaire international a suspendu un programme de prêts de 6 milliards de dollars, que le nouveau gouvernement vient seulement de remettre sur les rails. Dimanche, l’autorité pakistanaise de régulation des médias (PEMRA) a interdit aux télévisions de retransmettre en direct les allocutions de l’ex-Premier ministre, affirmant qu’il tenait «des discours haineux» qui sont «susceptibles de troubler la paix et la tranquillité publique». Mais l’ex-Premier ministre tente visiblement de jouer le tout pour le tout pour tenter désespérément maintenir un minimum de popularité à travers le pays, lui permettant comme il l’espère reconquérir le pouvoir dans un avenir plus ou moins proche. Mais aujourd’hui l’ex-joueur de criquet risque surtout de se voir définitivement exclu de la vie politique. Accusé d’avoir violé les règles de financement des partis politiques en acceptant de l’argent de l’étranger, l’ancien Chef du gouvernement pourrait ainsi perdre toute chance de reconquérir le pouvoir et rendre ses actions contre le gouvernement d’autant plus dangereuses s’il estime que sa carrière politique est finie et qu’il choisit de se reconvertir en agitateur de l’opinion publique.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img