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mercredi 7 décembre 2022

Poursuites

Si l’on a beaucoup entendu parler lors des guerres en Irak et en Afghanistan des nombreux dérapages américains meurtriers, peu de médias se sont intéressés aux criminels dérapages perpétrés par des soldats d’autres nationalités, tant les militaires américains étaient au centre de l’attention générale. Pourtant, de nombreux incidents impliquant des soldats de la coalition internationale en Afghanistan se sont malheureusement produits sans que cela ait suscité beaucoup d’intérêt de la part des médias. Toutefois, après une enquête de plusieurs années, un média britannique a finalement démontré que des Afghans non armés ont été tués «de sang-froid» par les SAS lors de raids nocturnes. Un commando des Special Air Service (SAS), les forces spéciales britanniques, a ainsi tué au moins 54 personnes dans des circonstances suspectes, des faits dissimulés par leur hiérarchie, selon une enquête de la BBC diffusée ce mardi. Des civils non armés ont été abattus «de sang-froid» par les SAS lors de raids nocturnes en Afghanistan entre novembre 2010 et mai 2011, et des armes ont ensuite été disposées sur leurs cadavres pour justifier ces crimes, rapporte la chaîne britannique à l’issue d’une enquête de quatre ans. De hauts responsables, dont le général Mark Carleton-Smith, qui dirigeait les forces spéciales britanniques à l’époque, étaient au courant des inquiétudes que suscitaient ces opérations au sein des SAS mais n’en ont pas informé la police militaire, d’après la BBC. Selon la loi britannique régissant les forces armées, le fait pour un commandant de ne pas informer la police militaire s’il a connaissance de crimes de guerre potentiels constitue une infraction pénale, note la chaîne. Mark Carleton-Smith, parti à la retraite le mois dernier après avoir dirigé l’ensemble de l’armée britannique, a décliné tout commentaire auprès de la BBC, dont l’enquête se base sur des documents judiciaires, des e-mails ayant fuité et sur le travail de terrain de ses journalistes en Afghanistan. Le ministère de la Défense a affirmé qu’il manquait de preuves pour entamer des poursuites. «Aucune nouvelle preuve n’a été présentée, mais la police étudiera toute allégation si de nouvelles preuves sont mises en lumière», a-t-il dit dans un communiqué à la BBC. L’enquête des journalistes britanniques a identifié 54 personnes tuées par balle dans des circonstances suspectes par une unité de SAS entre novembre 2010 et mai 2011 dans la province de Helmand. «Trop de gens étaient tués lors de raids nocturnes et les explications n’avaient pas de sens. Quand quelqu’un est détenu, il ne doit pas finir tué», a réagi un responsable militaire auprès de la BBC. «C’était clair à l’époque que quelque chose n’allait pas». Plusieurs avertissements sont remontés, selon la BBC, mais le commando a été autorisé à finir sa mission et a même été déployé pour une autre mission en 2012. En 2014, la Royal Military Police (RMP) a lancé une enquête sur plus de 600 infractions présumées commises par les forces britanniques en Afghanistan, dont les SAS. Ses enquêteurs ont affirmé à la BBC qu’ils avaient été «entravés» par l’armée et l’enquête a pris fin en 2019. Reste à voir si à l’avenir d’autres enquêtes viendront compléter celle de la chaîne britannique, car il est fort à parier que de multiples autres dérapages aient été dissimulés par les autorités, qui voulant à tout prix éviter de voir l’image de leurs soldats être entachée comme cela le fut avec les soldats américains, ont certainement passer sous silence de nombreux autres «massacres» de ce type.

 

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