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vendredi 12 août 2022

Pour dénoncer les violences de genres: «Habibi» en tournée en Algérie

L’activité théâtrale connaît une dynamique remarquable dans notre pays et des productions récentes sont présentées au public. En effet, pour ce mois de janvier, c’est la pièce de théâtre «Habibi», coproduite par la compagnie algérienne «Sindjab» de Bordj Ménaïel, suisse «Apsara» et le théâtre et la troupe «Thérap’Art» de Tunisie, sur les violences de genres, partira en tournée du 22 au 28 janvier dans six villes de l’est et du centre du pays, ont annoncé, lundi à Alger, les concepteurs du spectacle.

Par Abla Selles

Les villes concernées sont respectivement Annaba, Constantine, Bejaïa, Tizi Ouzou, Boumerdès et Alger. Mis en scène par la Suissesse Silvia Barreiros sur un texte de sa plume, le spectacle se voulant à visées pédagogique et didactique, a été, en partie, traduit par le dramaturge et metteur en scène Omar Fetmouche et pris comme support à l’organisation d’ateliers de formation, à Boumerdès notamment, qui ont abouti à la programmation d’une tournée dans plusieurs villes d’Algérie.
«Habibi», explique la metteure en scène dans un point de presse tenu lundi au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), traite de la détresse absolue d’une femme soumise au diktat du père, du mari, du frère ou encore du fils, qui l’ont réduite au silence, une omerta dont le voisinage est complice et à laquelle s’identifient d’autres femmes emmurées dans le conservatisme rétrograde et destructeur.
Dans sa salle de bain, sa seule échappatoire, croirait-elle, l’homme s’invite au cœur de ses ablutions, violant ainsi son intimité car se sentant en droit de tout faire, dans une dualité entre «Elle» et «Lui», qui met à nu les sociétés aux esprits étroits, exclusivement masculines, et dénonce ouvertement le tabou de cette suprématie qui n’a pas lieu d’être, héritage aveugle de la tradition ancestrale.
Rendu par une pléiade de comédiens tunisiens, le spectacle, coordonné par Omar Fetmouche, sera agrémenté d’un fond musical signé Ondina Duany, d’une scénographie fonctionnelle de Kays Rostom, «refaite à Alger selon les mesures et les normes des décors originaux», alors que les costumes et accessoires sont l’œuvre de Nawel Lasouad.
Ces expériences sont nécessaires, dans la mesure où elles permettent au théâtre algérien de s’«ouvrir sur ce qui se fait ailleurs», à travers des échanges qui poussent les jeunes comédiens à se surpasser pour «découvrir en eux de nouvelles formes d’expression», ajoute le dramaturge Omar Fetmouche.
L’expérience entreprise par les jeunes comédiens algériens à Boumerdès, lors des ateliers organisés autour de l’œuvre de Silvia Barreiros, sera capitalisée, selon Omar Fetmouche, qui compte en faire ressortir un nouveau spectacle.
Fondateur du théâtre Sindjab de Bordj Ménaïel, Omar Fetmouche compte également s’investir dans le théâtre thérapeutique, une expérience qu’il a déjà menée avec succès, dans nombre de villages touchés par les incendies de forêt qui ont frappé plusieurs régions d’Algérie durant l’été dernier.
A. S.

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