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dimanche 4 décembre 2022

Pour aller vers une relance des exportations hors hydrocarbures: Une révision de la réglementation des changes s’impose

Les obstacles à l’exportation persistent encore. Le vrai problème est celui de la législation des changes qui demeure «le principal frein à l’exportation», a estimé Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens, qui a appelé, dans ce sens, la Banque d’Algérie à davantage de «réactivité».

Par Louisa Ait Ramdane

Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) craint que les recommandations transmises par les exportateurs ne soient pas écoutées. «Les instructions, données par le président de la République le 18 août dernier, lors de la présentation du Plan de relance économique pour encourager les exportations ne sont pas traduites sur le terrain», a regretté Ali Bey Nasri, qualifiant la réglementation des changes de «principal verrou à l’exportation». «Une loi qui date de 2007 et qui n’est pas en phase avec ce qui devrait être fait pour encourager les exportations», a-t-il souligné. Ainsi, il a appelé à davantage de souplesse dans la réglementation des changes, pour accompagner les exportateurs qui sont en grande majorité inexpérimentés. «Sur les 1 200 exportateurs recensés, 1 150 font leurs premiers pas», a rappelé le président de l’Anexal, jugeant injustifié de faire planer sur leur tête la menace d’une accusation en pénal, qui assimile le risque de non rapatriement des recettes d’exportations à une fuite de capitaux. Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, l’expert propose d’extraire des poursuites judiciaires les exportateurs assurés auprès de la Cagex. Ali bey Nasri a largement critiqué la Banque d’Algérie qu’il considère comme étant la première source des contraintes. Il a appelé donc à «plus de réactivité» et à lever les entraves à l’exportation telles que, a-t-il cité, l’interdiction faite aux entreprises algériennes d’établir des représentations à l’étranger et la pénalisation du non rapatriement des devises. «Il faut qu’on comprenne définitivement que l’internationalisation d’une entreprise algérienne est un levier de croissance pour l’économie du pays», a relevé Ali Bey Nasri. «Jusqu’à quand allons-nous interdire aux entreprises algériennes, qui ont atteint un certain stade de maturité, d’investir à l’étranger ?», a-t-il insisté. Répondant à l’argument de la Banque d’Algérie sur la baisse des réserves de change, le président de l’Anexal a déclaré : «Nous avons demandé à ce que les opérateurs utilisent le compte devise de l’entreprise, pourquoi ne le fait-on pas ?», s’est-il interrogé. L’intervenant a expliqué que désormais il milite pour que «le développement des exportations comme source de devises soit inscrit, noir sur blanc, dans les missions de la Banque d’Algérie». Il a appelé également à réduire les dépenses du fret, libellées en devises puisque dominé par les armateurs étrangers. «On ne peut pas mettre 2 ou 3 milliards de dollars pour l’achat des navires qui nous manquent, notamment les céréaliers, au lieu de perdre chaque année 5 à 6 milliards de dollars de fret», s’est-il étonné. La loi de finances 2021 a supprimé le compte d’affectation du Fonds de soutien pour la promotion des exportations (Fspe), s’est étonné encore Ali bey Nasri. «Nous n’avons pas encore de réponse officielle sur le sort réservé au Fspe», a-t-il regretté, mettant en garde contre les effets négatifs de la réglementation des changes alors que l’Algérie s’engage dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
L. A. R.

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