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samedi 25 mai 2024

Plus de 151 kg saisis en neuf mois Cocaïne : une diffusion en progression inquiétante

Bien que l’Algérie ne figure pas parmi les pays les plus exposés aux dangers des drogues dures, il n’en demeure pas moins que l’essor du marché de la cocaïne est en pleine expansion ces dernières années et les tentatives d’introduction de quantités importantes de cette drogue suscitent une inquiétude à tous les niveaux. Après le cannabis, les psychotropes, la cocaïne gagne du terrain dans le milieu des consommateurs en Algérie. Touchant des usagers aux profils et âges diversifiés, sa consommation alarmante est soutenue par une offre en augmentation. De façon récurrente, presque quotidienne, les services de sécurité, tous corps confondus, en charge de la lutte anti-drogue font part de saisies de plus en plus importantes et d’arrestation de dealers voire même de réseaux spécialisés en la matière. Ainsi, dans un bilan des neuf premiers mois de l’année en cours, Madjid Aknouche, chef du Service central de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants (SCLTIS), indiquant que «plus de 88 000 affaires impliquant plus de 100 000 individus ont été traitées au niveau national», a fait état de «plus de 151 kg de cocaïne, plus de 2 kg d’héroïne» saisis. Et d’ajouter
qu’«un baron de l’héroïne, issu d’un pays africain et ses associés de différentes nationalités africaines, dont un Algérien, ont été arrêtés fin 2022, représentant le plus grand réseau activant en Algérie spécialisé dans le trafic de la ‘’Tchouchna’’ (héroïne coupée)». Il a précisé, à ce sujet, que cette opération a permis la saisie d’environ 4 kg et 900 g d’héroïne, soit 490 000 doses de «Tchouchna».
Des opérations de ce genre sont le quotidien des services de sécurité de lutte anti-drogue qui traquent sans relâche, aux quatre coins du pays et à tous les niveaux, la chaîne de commercialisation des diverses formes de drogues. Pour autant, cela ne décourage pas les réseaux, bien souvent internationaux, d’acheminer leurs marchandises pour inonder le marché local. Si aux premières années de son introduction sur le marché algérien la prise de cocaïne était plutôt
l’apanage de catégories sociales les plus aisées, aujourd’hui son usage s’est étendu à d’autres milieux sociaux. Cette pluralité des profils d’usagers se traduit aussi par la diversification des modes de consommation, sous forme sniffée ou injectée.
Ainsi, avec sa «démocratisation» auprès des consommateurs, et au gré de sa disponibilité sur le marché, la cocaïne est excessivement coûteuse en Algérie et pourtant son offre s’amplifie à mesure que sa circulation s‘intensifie. Les quantités saisies et déclarées ne représentent qu’un taux infime de celles qui réellement circulent dans le marché, à tel point qu’aujourd’hui l’Algérie risque de perdre son «statut» de pays de transit prévalant il y a seulement une décennie.
En effet, même si des statistiques officielles font défaut sur le nombre de consommateurs de cocaïne, la rue, le nombre de décès par overdose de jeunes livrés à eux-mêmes et les urgences des hôpitaux révèlent l’ampleur et la gravité de ce phénomène de plus en plus prégnant.
En outre, au plan sécuritaire, le trafic et l’usage des stupéfiants sont l’une des formes les plus préoccupantes de la criminalité organisée transnationale qui inquiètent au plus haut niveau. Et pour cause, outre les répercussions et les conséquences sanitaires irréversibles sur la santé, une autre caractéristique de la consommation de cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui peut conduire à commettre des actes de violence, voire des actes criminels. Les faits divers et les publications sur les réseaux sociaux témoignent régulièrement de drames commis par des jeunes et pas que, sous l’effet de la drogue. Pire. La sensation de «toute puissance» entraînée par la cocaïne en fait un produit qui risque d’engendrer des passages à l’acte, au suicide. Lynda Naili

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