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mardi 28 juin 2022

Plombé par des craintes de récession Le pétrole plonge de 5 %

Les prix du pétrole plongeaient de plus 5 % hier, les marchés s’inquiétant
qu’une forte hausse des taux d’intérêt visant à contenir l’inflation n’entraîne une récession. Dans la matinée, le baril de Brent perdait 5,2 % à 108,62 dollars, tandis que le WTI chutait de 5,6 % à 103.31 dollars.
Ces derniers mois, le brut a atteint des sommets, la guerre en Ukraine faisant craindre que l’offre ne puisse satisfaire la demande d’économies qui rouvrent, notamment en Chine après des mois de confinement. Mais les banques centrales ont été contraintes d’augmenter les coûts d’emprunt, face à la hausse des prix de l’énergie qui contribue à faire grimper l’inflation à des niveaux jamais vus depuis les années 1980. Cette situation a alimenté les craintes que les économies du monde entier ne se dirigent vers une récession, ce qui a jeté un froid sur les cours du brut. Les regards se tournent désormais vers les deux jours d’audition au Congrès américain du patron de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, cette semaine, qui pourrait donner une idée des plans des autorités pour lutter contre la flambée des prix. Toutefois, Goldman Sachs a dit prévoir que les prix de l’or noir reprendront leur ascension. «Avec une demande de produits de base supérieure à l’offre, les marchés restent tendus même si les taux de croissance ralentissent», a déclaré la banque dans une note. «Les investisseurs doivent se rappeler que les ralentissements induits par la Fed ne sont qu’une atténuation à court terme du symptôme, l’inflation, et non un remède au problème, le sous-investissement», ajoute-t-elle.

Les turbulences du marché pourraient durer cinq ans, selon le P-DG d’ExxonMobil
Les turbulences sur le marché du pétrole devraient durer «trois à cinq ans» à cause du sous-investissement et de la pandémie de coronavirus, a estimé le patron du géant américain des hydrocarbures ExxonMobil, lors d’un forum organisé au Qatar. «Nous avons probablement devant nous trois à cinq années de turbulences sur les marchés (du pétrole, NDLR). La façon dont cela se manifestera au niveau des prix sera en grande partie fonction de la demande, qui est difficile à prévoir», a déclaré Darren Woods lors du Qatar Economic Forum. Outre le sous-investissement dans la recherche de nouveaux gisements, la pandémie a «privé l’industrie de beaucoup de revenus», a-t-il estimé. «Nous allons voir beaucoup de volatilités et de rupture sur le marché si nous n’avons pas des politiques plus réfléchies», a-t-il prédit. Le ministre de l’Énergie du Qatar, Saad Al-Kaabi, a quant à lui critiqué la «diabolisation» des compagnies pétrolières et les taxes imposées dans certains pays. «Je n’ai pas vu les gouvernements intervenir quand les compagnies pétrolières perdaient de l’argent et empruntaient, quand le prix du pétrole était négatif au Texas», a-t-il déclaré. Cheikh Nawaf Saoud Al-Sabah, vice-président de Kuwait Petroleum Corporation, a quant à lui annoncé que le Koweït débutait sa première exploration pétrolière offshore. «La première foreuse est arrivée il y a une semaine et va bientôt être mise en service», a-t-il assuré. Le pays du Golfe construit aussi «la plus grande raffinerie au monde avec une capacité de 615 000 barils par jour qui sera opérationnelle fin de 2022», a précisé M. Al-Sabah. Selon lui, ce projet aidera à répondre à la demande accrue des Européens, qui depuis l’invasion de l’Ukraine cherchent à se sevrer des hydrocarbures russes, mais aussi du reste du monde, a-t-il ajouté. Sur le terrain gazier, le patron d’ExxonMobil s’est également rendu à Doha pour signer un accord faisant de l’entreprise le quatrième partenaire étranger dans le projet North Field East (NFE), l’extension du plus grand champ de gaz naturel au monde.
Meriem Benchaouia

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