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jeudi 25 février 2021

Pièce de théâtre «Axxam nnegh» : L’isolement des personnes âgées mis à nu

Un mélodrame qui met à nu l’isolement des personnes du troisième âge dans les maisons de vieillesse a été diffusé dimanche sur la chaîne YouTube du TNA.

Par Abla Selles

Intitulée «Axxam nnegh» (notre maison), cette pièce de théâtre, écrite et mise en scène par Okbaoui Cheikh, a été produite à la fin de l’année 2020 par l’association culturelle «Forsane Errok’h» pour les arts de la scène d’Adrar, en collaboration avec le Fonds d’aide à la création artistique et littéraire du ministère de la Culture et des Arts.
Quatre personnes âgées, incarnées par les comédiens Kenza Talbi (Louiza), Sofiane Mihoub (Zouhir), Malek Fellag (Idir) et Hamza Mechmeche (Saber), racontent, en 87 mn, leurs parcours de vie, mettant à nu les raisons qui les ont contraints à l’isolement dans une maison de vieillesse.
Rendu par Amazigh Bouakline, un médecin est mis au défi par la direction de l’établissement d’amener un vent de jeunesse dans la vie devenue pesante des quatre locataires malheureux, se devant de semer en eux l’espoir et l’amour du bien-être, sous peine de démolir l’hospice pour réaffecter son espace au projet de construction d’une autoroute.
La scénographie, œuvre de Chérif Bencherif, au décor minimaliste fait de pantalons transparents renvoyant aux parcours de vie corrects et réguliers des vieillards abandonnés et quelques accessoires (table, chaises et lit), a été d’un apport concluant au spectacle, créant des atmosphères adéquates à la sémantique de chacune des situations proposées dans un éclairage alternant la pénombre et le plein feu qui a restitué les états d’âme en souffrance des personnages.
Adel Ouahab, concepteur de la bande son, a su illustrer les émotions des comédiens, à travers la reprise d’extraits de chansons nostalgiques renvoyant à l’âge tendre de la jeunesse et quelques chansons festives du patrimoine ou de thèmes rythmiques récurrents exprimant le tourment et le regret, donnant ainsi plus de volume au spectacle.
Originaire d’Adrar, Okbaoui Cheikh, dont les travaux ont plusieurs fois été primés, compte à son actif huit pièces en tamazight sur la vingtaine de travaux qu’il a mis en scène, dont «L’amour interdit» (2008), «Le mur» (2013), «Azzouzen» (2015), prix de la meilleure recherche théâtrale au Festival de Babel en Roumanie, ou encore «Jules César» (2016).
Le TNA, qui continue de diffuser des spectacles sur sa plateforme numérique, est cependant «prêt à accueillir le public dans le strict respect des mesures sanitaires prises contre la propagation de la pandémie de Covid-19», avec la programmation de «nouvelles productions» déjà diffusées sur la toile, a indiqué son directeur, Mohamed Yahiaoui.
A. S.

 

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