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jeudi 25 avril 2024

Peut-on encore arrêter Trump ?

Donald Trump a largement remporté la primaire républicaine en Caroline du Sud, où il se mesurait à Nikki Haley, qui pourtant jouait à domicile, cet Etat étant le sien, un revers électoral rare dans le contexte d’une présidentielle. Au vu des mœurs politiques américaines, c’est à elle que devait revenir la victoire samedi dernier, non à son rival, dont les liens avec la Caroline du Sud n’avaient pas la réputation d’être très forts. L’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU ne se retire pas de la course pour autant, renvoyant sa décision finale à cet égard aux résultats du «Super Mardi», qui tombe le 5 mars, un jour où se tiennent à la fois plusieurs primaires, tant chez les républicains que chez les démocrates. Lorsque la course à l’investiture n’est pas décidée à l’avance, c’est en général à cette occasion que la partie se tranche, soit en faveur des favoris soit en leur défaveur. Ce qui de toute façon est loin d’être le cas, Donald Trump ayant gagné haut la main les primaires de son camp déjà organisées, et ce, en Iowa, au New Hampshire, au Nevada, et tout dernièrement en Caroline du Sud. Tous ses compétiteurs, dont le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, au départ bien mieux placé qu’elle, ont jeté l’éponge.

Si elle-même ne se retire pas, ce n’est évidemment pas pour la raison qu’elle avance : donner aux républicains le 5 mars prochain la possibilité d’un autre choix qu’un contempteur de l’Otan comme l’est assurément Trump. C’est sûrement que comme les démocrates elle n’exclut pas que la Cour suprême décrète l’inéligibilité de Trump. Si ce couperet devait tomber, ce serait elle qui serait la mieux placée pour recevoir l’onction de son parti. Aussi ne faudrait pas s’étonner outre mesure si passé le «Super Mardi» elle soit encore dans la course, même balayée par Trump à toutes les élections programmées pour ce jour. Ce serait bien entendu le cas si d’ici là la Cour suprême n’avait pas encore rendu son arrêt. Ce ne sont pas des électeurs républicains que Haley attend la consécration mais des 9 grands juges. Le plus probable est qu’elle court au devant d’une grande déception, d’une part parce que sur ces 9 juges, six sont des conservateurs, dont, de surcroît, 3 ont été nommés par Trump, et de l’autre, parce que prononcer l’inéligibilité de quelqu’un qui est candidat naturel de son camp, comme tout tend à le démontrer s’agissant de Trump, c’est faire le lit d’une crise politique majeure. Il ne semble pas que les 9 juges soient disposés à engager leur pays sur un terrain aussi périlleux. Si les rivaux républicains de Trump, dont Haley, avaient fait du moins bonne figure devant lui aux primaires déjà organisées, il aurait été concevable que la Cour suprême se rende aux arguments des anti-Trump où qu’ils se situent. Mais écarter un candidat porté par une vague de soutien dans son camp, ce serait ouvrir la boîte de Pandore. La guerre civile, jusque-là en puissance, pourrait bien alors devenir réalité. Mais ce n’est pas ce choix que ferait la Cour suprême. Le plus probable au contraire est qu’elle lève l’hypothèque de l’inéligibilité de Trump, laissant à Joe Biden le soin d’empêcher son retour à la Maison-Blanche. A crise politique, solution politique, ce serait beaucoup plus sage. Quant à savoir si Biden est ou non l’homme de la situation, c’est là une autre question.

 

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