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samedi 3 décembre 2022

Pétrole Les cours bondissent, baisse de la production en vue

Les prix du pétrole commençaient la semaine en forte hausse, dopés par l’Opep+ qui se réunira demain en présentiel pour la première fois depuis le choc de la pandémie, alimentant les attentes sur une baisse de production.Dans la matinée d’hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, dont c’est le premier jour comme contrat de référence, prenait 4,08 %, à 88,61 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois, gagnait 4,28 % à 82,89 dollars. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, un ensemble de pays surnommé l’Opep+, discutera demain des mesures à entreprendre pour contrer la chute des cours, affirment des analystes. Les deux références du pétrole ont en effet enregistré de lourdes pertes pendant le mois de septembre (-8,8 % pour le Brent et -11,2 % pour le WTI), lestées par l’attention portée aux craintes croissantes d’une récession dans les pays consommateurs. L’alliance a annoncé samedi que sa réunion de mercredi se tiendrait en présentiel à Vienne, une première depuis mars 2020 et l’émergence de la pandémie de coronavirus. Au printemps 2020, ils avaient laissé volontairement sous terre des millions de barils pour ne pas inonder le marché avec un pétrole qu’ils ne pouvaient pas absorber du fait des confinements et restrictions sanitaires. La recette a fonctionné : les prix, tombés en territoire négatif au printemps 2020, sont remontés sous l’effet de cette politique. L’accalmie revenue, l’Opep a alors décidé d’augmenter de nouveau la production l’an dernier. Mais face aux craintes de récession, l’alliance avait opté début septembre pour une réduction des volumes, qu’elle pourrait donc choisir d’accélérer. En septembre, face aux craintes de récession, l’Opep+ avait légèrement abaissé son objectif (de 100 000 barils), pour la première fois depuis plus d’un an, et s’était dit prête à faire plus. En outre, les principales banques centrales s’empressent de relever les taux pour contenir l’inflation, «assombrissant encore le tableau de la demande à court terme», remarquent des économistes, rappelant que la force du dollar a également pesé sur la demande de pétrole. Le brut s’échangeant en dollars, un billet vert fort réduit le pouvoir d’achat des investisseurs étrangers utilisant d’autres devises, et donc la demande.

Soutenir les prix
La diminution de la production du cartel viserait à soutenir les cours, qui ont reculé ces derniers mois en raison des craintes de ralentissement de la demande liées au spectre d’une récession mondiale. Le cours du Brent a perdu plus de 30 % depuis son pic de mars dernier, peu après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe. «Ce ne sera qu’une question de temps avant que le pétrole ne revienne à 100 dollars le baril, en particulier avec un resserrement de l’offre vers la fin de l’année», a estimé Suvro Sarkar, analyste à la DBS Bank, qui s’attend à de nouveaux gains. L’éventuelle baisse de la production d’environ un million de barils par mois pourrait de nouveau tourmenter les banques centrales, alors que la flambée des coûts de l’énergie est parmi les principaux responsables de l’inflation qui a contraint les autorités à relever les taux d’intérêt, affectant les économies du monde entier. Cette décision, si elle était prise, surviendrait après que les États-Unis et d’autres pays ont débloqué des millions de barils de leurs réserves d’urgence pour faire retomber les prix. «La baisse des prix du pétrole est probablement terminée», a estimé Edward Moya, d’Oanda. «Les négociants en énergie sont devenus pessimistes au cours de l’été en raison des craintes d’un ralentissement mondial, mais il semble maintenant que les risques liés au pétrole soient en hausse».
Meriem Benchaouia

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