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vendredi 19 août 2022

Pêche à Mostaganem: La stratégie de l’économie bleue quasi invisible

Il fut une période où le secteur de la Pêche en Algérie est passé par de multiples alternances dans sa gestion. Tantôt secrétariat d’Etat rattaché à l’environnement, tantôt direction rattachée à l’agriculture, tantôt Secrétariat d’Etat tout simplement. Cette itinérance lui a valu une stagnation dans l’ensemble des aspects entravant son évolution. Les aspects juridique, organisationnel, scientifique et de formation se sont mis en exergue avec l’avènement du portefeuille du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques ainsi que par la création de la Chambre nationale de la pêche et de l’aquaculture. Aujourd’hui, ce secteur s’est développé, malgré certaines imperfections dues surtout à des irrégularités dans le comportement des professionnels. A Mostaganem, il est opportun de rappeler que le projet de l’économie bleue, financé par l’Union européenne à hauteur de 22 millions d’euros, est quasi invisible puisque méconnu dans le milieu professionnel. Si ledit projet a des objectifs spécifiques comme celui de soutenir la création d’emplois par de nouvelles opportunités d’investissement au profit des populations des localités côtières, s’il préconise la diversification des services, l’innovation, la mise en place de la planification des espaces maritimes et la promotion de l’aquaculture maritime et continentale et si toutefois il se focalise sur certains axes à promouvoir, dans la wilaya de Mostaganem cette stratégie reste inapparente. Toutefois, il faut rappeler que quatre éléments du secteur ont participé au Seminaire de l’économie bleue organisé à Oran en date du 23 juin 2022. Cependant, l’information est absente même auprès des acteurs du secteur. Dans la wilaya, cette Stratégie nationale de l’économie bleue (SNEB) doit contribuer à protéger et valoriser les potentiels des écosystèmes marins et apporter une réponse adaptée à la situation du secteur comme assurer la garantie alimentaire localement. Il sied de signaler qu’à Mostaganem le constat est ce qu’il est. Les investissements en aquaculture maritime ont presque tous essuyé des échecs et n’ont jamais contribué à soutenir le pouvoir d’achat, la pêche artisanale demeure mal organisée, les sites d’échouage dont les équipements ont été dégradés jamais remplacés, la gestion de la biomasse est à revoir, la flotille des petits métiers s’est restreinte car les embarcations sont utilisées par les réseaux mafieux de la «harga», les ports de pêche sont mal gérés, le commerce de poisson est désagencé voire désorganisé, les exportations bloqués et la profession continue à vouloir promouvoir mais sans statut aucun. Faut-il le rappeler que l’Algérie a une vision claire et futuriste sur les volets social, environnemental et économique par l’engagement d’une Stratégie nationale de l’économie bleue dont les principes sont à transmettre et à partager. Mostaganem, dont le potentiel marin et maritime est considérable de par ses 124 km de côtes, doit s’impliquer pleinement dans cette politique préconisée par le dispositif SNEB.
Lotfi Abdelmadjid

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