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mardi 27 septembre 2022

Pause

Même si cela semblait assez prévisible, l’arrêt momentané des négociations sur le nucléaire iranien pour cause de guerre en Ukraine fait craindre que le traité ne soit définitivement mis sous le tapis. Surtout que les Américains traînent des pieds depuis une année pour rejoindre cet accord, alors même que cela avait été une promesse de campagne de Joe Biden. Le chef de la diplomatie européenne a ainsi annoncé une pause dans les pourparlers en raison de «facteurs externes», tout en précisant qu’un «texte final quasiment prêt est sur la table». L’Union européenne, qui supervise les négociations sur le nucléaire iranien à Vienne, pourrait avoir pris cette décision, alors que la demande par Moscou de garanties supplémentaires a compliqué la donne. «Nous devons faire une pause dans les pourparlers en raison de facteurs externes», a tweeté le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. «Un texte final est quasiment prêt et sur la table», a-t-il ajouté, disant rester «en contact» avec les différentes parties et les États-Unis «pour surmonter la situation actuelle et conclure un accord». Il y a tout juste une semaine, les diplomates évoquaient un accord imminent, mais le lendemain Moscou, pilier essentiel des négociations, jetait un pavé dans la marre. Moscou, frappée par des sanctions occidentales après son invasion de l’Ukraine, a ainsi demandé des garanties américaines que ces mesures de rétorsion n’affecteraient pas sa coopération économique avec l’Iran. Des demandes jugées «hors sujet» par le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, mais qui ont mis un coup d’arrêt aux discussions. Téhéran est engagé depuis onze mois dans des pourparlers à Vienne, en Autriche, avec les grandes puissances pour tenter de sauver l’accord de 2015. Conclu par l’Iran d’un côté, et les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l’Allemagne de l’autre, ce pacte était censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée des sanctions économiques qui asphyxient son économie. Mais il s’est délité après le retrait en 2018 de Washington qui a rétabli ses mesures contre l’Iran. En réaction, l’Iran s’est progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire. Surtout, l’Iran, notoirement proche de la Russie, avait quelques jours après le début des opérations militaires en Ukraine pris position contre l’Occident. Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, écrivait dans un tweet, le vendredi 25 février 2022 : «Rien n’est plus horrible que la guerre, mais lorsque l’Occident cherche à porter atteinte à la sécurité nationale des nations de diverses manières, il est, en fait, directement responsable des guerres et des crises créées pour résister à sa stratégie». Reste à voir ce que cette mise «en pause» signifiera pour la suite de cet accord qui avait été durement négocié pendant des années et qui en 2015 avait été considéré par les démocrates américains au pouvoir comme l’un des plus importants fait d’armes du président Barack Obama alors à la Maison-Blanche.

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