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dimanche 2 octobre 2022

Parrainages

L’élection présidentielle française d’avril prochain serait-elle véritablement valide si l’un des candidats dépassant les 10 % d’intentions de vote dans les sondages n’arrivait pas à réunir les 500 parrainages nécessaires pour participer au scrutin suprême ? En effet, aujourd’hui, à trois mois du jour J, trois candidats crédités à plus de 10 % rencontrent beaucoup de difficultés à convaincre les maires de leur accorder leurs signatures. Car si Valérie Pécresse, Emmanuel Macron et Anne Hidalgo ont largement dépassé les 500 parrainages validés par le Conseil constitutionnel, Jean-Luc Mélenchon en a seulement 224, Eric Zemmour 149 et Marine Le Men 139. Une situation qui inquiète plusieurs personnalités pourtant loin de partager les idées des trois candidats à la traîne. C’est le cas notamment de François Bayrou qui pourrait mettre son parti, le MoDem, à contribution pour donner un coup de pouce aux aspirants à l’Élysée en manque de signatures. Le parti centriste a d’ailleurs commencé à identifier entre 200 et 300 maires qui pourraient aider ces candidats en difficulté. Partant du principe que «ça choquerait les Français que Mélenchon, Le Pen ou Zemmour ne puissent pas se présenter». Christiane Taubira, qui a seulement 36 signatures, n’aurait pas forcément droit à la même mansuétude centriste puisqu’elle émarge à 4-5 % dans les sondages. Ces maires ciblés ne sont pas forcément membres du Modem, mais des maires ruraux dans les circonscriptions des députés centristes. Le maire de Pau lui-même serait sur le point de parrainer l’un des candidats, bien qu’il n’ait pas encore envoyé son formulaire au Conseil constitutionnel. «Il pourrait parrainer Mélenchon», glisse un de ses lieutenants. Le patron des députés Modem, Patrick Mignola, explique qu’il faut «combattre les extrêmes par l’élection, pas par la sélection». Si en fin de semaine prochaine, à 15 jours de la clôture, Mélenchon, Le Pen ou Zemmour sont toujours loin du compte, le Modem pourrait appuyer sur le bouton. «On assume le choix de soutenir le pluralisme», confie un dirigeant. Quand En Marche est plutôt sur le mode «qu’ils se débrouillent», pour le Modem, c’est l’occasion de se donner le beau rôle, même si la démarche n’a rien d’étonnant : François Bayrou défend bec et ongles la proportionnelle et une banque de la démocratie qui aiderait les candidats en galère de prêts. Deux promesses de campagne qu’Emmanuel Macron n’a pas tenues. Mais c’est surtout les Français qui pourraient être le plus inquiets de voir l’une de ces têtes d’affiches de la campagne présidentielle être empêchée de participer au scrutin d’avril prochain à cause de mesures toujours plus difficiles pour obtenir les fameuses signatures. Car à eux trois, Zemmour, Le Pen et Mélenchon, représentent tout de même plus ou moins 40 % de
l’électorat français.

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