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mardi 27 septembre 2022

Parlementarisation

Si le soir du premier tour des élections présidentielles françaises a été plein de déceptions pour la gauche et la droite, c’est peut-être l’extrême-gauche avec La France Insoumise qui a le plus eu de difficulté à perdre avec moins de 2 % d’écart avec Marine Le Pen, l’autre finaliste de la soirée. Jean-Luc-Mélenchon, en effet, semblait déjà se voir à l’Élysée et depuis le 24 avril, au soir du second tour, ne cesse de remettre en cause la légitimité du vainqueur du scrutin, Emmanuel Macron. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon espère devenir Premier ministre en remportant avec l’alliance de la gauche la majorité à l’Assemblée en juin, et veut «démanteler le présidentialisme» et mettre un terme à «l’exercice solitaire du pouvoir d’un seul homme», Emmanuel Macron, explique-t-il. Le leader de La France Insoumise, qui estime que les législatives constituent «le troisième tour de l’élection présidentielle», considère qu’«un bouleversement extrêmement profond est possible». «Pour la première fois, une cohabitation surgirait deux mois après l’élection présidentielle, et en contradiction politique complète avec elle», souligne-t-il dans cette tribune. «En cas de divergence de fond entre le président de la République et le Premier ministre, j’ai dit que le problème serait porté devant l’Assemblée Nationale», détaille-t-il. L’Insoumis souligne qu’«un groupe parlementaire peut, par le biais de la procédure prévue à l’article 50-1 (de la Constitution), obtenir une déclaration du Premier ministre sur la politique de son gouvernement dans un domaine particulier ou sur une question spéciale. Cette procédure n’oblige pas à un vote, mais elle n’interdit pas qu’il ait lieu». De plus, «un groupe parlementaire peut présenter au vote une résolution et rien n’interdit qu’elle porte sur le sujet du différend dans l’exécutif, entre le président et le Premier ministre». «A mes yeux, il s’agit d’une reparlementarisation radicale de l’exercice du pouvoir politique en France», insiste Mélenchon, qui la voit comme «une étape essentielle du démantèlement du présidentialisme». Il souligne que dans le cadre du programme partagé de gouvernement de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), entre LFI, EELV, le PS, le PCF et Générations, les désaccords programmatiques entre les organisations signataires, qui «ne représentent que 5 % du total des 650 propositions, seront réglés par le vote des parlementaires». «La crédibilité et la stabilité gouvernementales apparaissent aussi clairement garanties qu’est affirmée la prééminence du débat et de la décision des parlementaires», vante-t-il, jugeant qu’«un tel mode d’action succéderait à une longue phase d’exercice spectaculairement solitaire du pouvoir d’un seul homme». Reste à voir si les électeurs, eux, seront sensibles à cet argumentaire. Toutefois, il peut être difficile de prendre au sérieux un homme qui depuis un mois prétend que le vainqueur de la présidentielle n’a pas vraiment gagné et ne représente personne, alors que lui, qui a perdu, est le vrai représentant des Français et le vrai vainqueur de la France populaire.

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