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samedi 24 février 2024

Pandas

Durant la Chine maoïste, le gouvernement communiste a ravivé une vieille tradition pour sceller ou améliorer ses relations diplomatiques avec ses alliés ou ses partenaires stratégiques, la «diplomatie du panda». Une pratique comme son nom l’indique consistant à «offrir» des pandas géants en cadeau. Dans la culture chinoise, cet animal menacé d’extinction, est considéré comme un «trésor national», symbole d’équilibre entre la force et la sagesse. Ses couleurs, quant à elles, noire et blanche, rappellent les couleurs du Yin et du Yang, symbole du taoïsme. Cette approche spirituelle du panda diffère donc fortement de l’approche plus prosaïque que l’on rencontre en Occident. Un cadeau inestimable pour les Chinois, qui ne peut être refusé par ses destinataires sans risquer de froisser le très susceptible empire du Milieu. Or, hier matin, deux pandas géants prêtés au Royaume-Uni il y a douze ans se sont envolés pour retourner en Chine, alors que les relations diplomatiques entre Londres et Pékin se sont refroidies. En quarantaine depuis début novembre en prévision de ce voyage, Yang Guang, un mâle, et Tian Tian, une femelle, ont quitté le zoo d’Édimbourg dans un avion-cargo qui les mènera vers la ville de Chengdu, dans la province du Sichuan. Les scientifiques ont longtemps espéré que le duo, arrivé en 2011, profite de son séjour écossais pour se reproduire, mais ils n’ont pas eu de petit. Yang Guang et Tian Tian avaient été prêtés dans le cadre d’un accord de 10 ans entre la Royal Zoological Society of Scotland (RZSS) et l’Association chinoise de conservation de la faune sauvage. Les deux pandas «ont eu un impact incroyable, en inspirant des millions de personnes à se soucier de la nature», a affirmé David Field, directeur exécutif de la RZSS, cité par l’agence PA. Il s’agissait des seuls spécimens de cette espèce en danger présents au Royaume-Uni. Mais les relations se sont tendues ces dernières années entre la Chine et certaines puissances occidentales, dont les États-Unis et le Royaume-Uni. Le mois dernier, trois pandas géants prêtés depuis 2000 au zoo de Washington ont également regagné la Chine. Quatre autres pandas doivent aussi quitter le zoo d’Atlanta dans le courant de l’année 2024. Visiblement, Pékin ne souhaite plus partager ses «trésors» avec les Occidentaux dont l’attitude ces dernières années, d’abord vis-à-vis du Népal, oublié désormais, puis de Taiwan aujourd’hui, n’est pas faite pour arranger les rapports entre la puissance communiste et l’Europe et les États-Unis. Reste à voir si la Chine se contentera de ce type de geste, néanmoins lourd de sens, ou si elle ira jusqu’à se lancer dans une guerre froide avec certains pays européens, comme elle l’a fait ces dernières années avec les États-Unis.

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