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lundi 26 septembre 2022

Opérations

L’opération militaire lancée par le président français François Hollande en 2013 au Mali continue à se poursuivre d’une manière ou d’une autre, alors que les populations locales et les responsables politiques maliens demandent depuis plusieurs mois déjà à la France de quitter leur territoire. Mais pour l’Élysée, ces opérations-là, d’abord Serval qui a débuté en janvier 2013 et qui s’est achevée en août 2014, puis Barkhane qui a débuté quelques jours après et qui est toujours en cours aujourd’hui, concernent d’abord sa propre sécurité, comme elle a fini par l’admettre en assurant que les troupes au Sahel servaient de paravent à un terrorisme islamiste qui pourrait se propager en Europe et surtout en France. Mais aujourd’hui, les populations maliennes supportent de moins en moins la présence des militaires étrangers. Plusieurs personnes ont ainsi manifesté ce dimanche dans le nord du Mali, affirmant donner «un ultimatum de 72 heures» pour le départ des derniers militaires français présents dans le pays, ont indiqué des organisateurs et des élus locaux. «Nous donnons à compter de ce jour dimanche 14 août 2022 un ultimatum de 72 heures pour le départ définitif de Barkhane», ont déclaré des manifestants se présentant comme «les forces vives» de Gao, une ville située dans le nord du pays, en proie aux violences djihadistes. Gao abrite aussi les derniers militaires français présents au Mali, en partance pour le Niger. Les rapports entre la junte au pouvoir à Bamako et Paris, ancienne puissance coloniale, se sont brutalement dégradés ces derniers mois, poussant les deux pays à la rupture après neuf ans de présence française ininterrompue pour lutter contre les djihadistes. «Barkhane dégage», «Barkhane parrain et allié des groupes terroristes», «aucune puissance étrangère ne fera du Mali son butin», brandissaient des manifestants sur des banderoles, selon des photographies transmises par les organisateurs à l’AFP. Ces messages circulent notamment dans les cercles farouchement anti-français et sur les réseaux sociaux. La France dénonce régulièrement les campagnes massives de désinformation à son encontre. «Les marcheurs ont été reçus par le directeur de cabinet du gouverneur, à qui ils ont remis leur déclaration», a déclaré Issa Idrissa, responsable de la communication du gouverneur. La manifestation a été confirmée à l’AFP par d’autres responsables locaux. Reste à voir si la France tiendra sur ses positions, alors que depuis le début de sa présence militaire près de 60 soldats français ont perdu la vie et que les résultats sur place sont peu probants.

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