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jeudi 29 septembre 2022

«One Beat Sahara»: Karim Ziad «fier» des jeunes musiciens algériens

La résidence artistique «One Beat Sahara», qui se tient à Taghit dans la wilaya de Béchar depuis le 21 du mois de février courant, connaît un franc succès depuis son début, confirme le batteur algérien de renommée internationale, Karim Ziad, qui a pris part à cet évènement.

Par Abla Selles

Cette résidence musicale «a eu un effet très positif sur l’image de l’Algérie», a assuré l’artiste, indiquant que «les Américains étaient fascinés par la beauté du pays et du patrimoine immatériel». L’artiste a appelé, dans le même ordre d’idées, à exploiter les lieux touristiques comme Taghit, «connu et reconnu pour son hospitalité, mais également pour la sérénité et la beauté ensorcelante qui la caractérisent».
A propos des artistes participants, le percussionniste s’est dit «fier» de la nouvelle génération de musiciens algériens, estimant que les musiciens de sa génération «n’auraient pas pu réaliser autant de succès lorsqu’ils étaient jeunes».
Karim Ziad s’est dit «content d’être invité en tant que formateur», expliquant qu’il «dispense des cours de solfège aux participants, algériens et étrangers, et leur apprend les rythmes spécifiques à la région d’Afrique du Nord ainsi que les rythmes asymétriques, difficiles d’ailleurs et très intéressants…». Les rythmes algérien et nord-africain sont «assez particuliers», a assuré l’artiste qui a témoigné de «son expérience pendant des années pour faire découvrir ces rythmes auprès des Américains et des Français, lesquels ont fini par se familiariser avec notre musique qu’il fait ressortir à travers ses divers opus…».
Le musicien qui qualifie la musique de «transfrontalière», a souligné que les pays du Maghreb, par exemple, partagent plusieurs genres musicaux, comme le Diwan (Gnaoua). Cependant, pour Ziad, la musique algérienne, devenue universelle, est «l’une des plus connues, après les musiques américaine et européenne (…), grâce à des artistes célèbres du raï ou du chaâbi, comme Khaled, Mami et Dahmane El Harrachi dont la renommée est mondiale». C’est en fait, dira-t-il, «un héritage divers et impressionnant à la fois».
Karim Ziad qui a fait son initiation à la musique à Belcourt (Belouizdad) avec la Troupe Baba Salem et la musique Diwane, a déclaré qu’il était «fasciné depuis tout petit par Baba Salem. Le spectacle insolite que donnait cette troupe sur fond de percussions (bendir, karkabou, etc.) était captivant et cette ambiance envoûtante ne m’a depuis jamais quitté (…) c’est un peu ma madeleine de Proust. Et ma passion pour la musique est partie de là».
Le tournant de sa carrière aura été son départ pour la France suite aux événements d’octobre 1988, avec l’espoir de pouvoir vivre de sa musique et son intégration du Conservatoire de musique de Paris. En effet, il commence progressivement à percer en France et à s’imposer comme un batteur de talent, ce qui lui a valu d’accompagner Cheb Mami dans les années 80 et 90 et d’assurer la première partie de Cheb Khaled à l’Olympia. Il a travaillé après avec de grands noms de la musique algérienne et universelle, à savoir Nguyên Lê, Joe Zawinul, Hamid El Kasri, Amazigh Kateb Ptit Moh et plein d’autres.
A. S.

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