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dimanche 26 juin 2022

Omission

De nombreux opposants à Emmanuel Macron se font aujourd’hui eux-mêmes critiques vis-à-vis de ceux qui critiquent le président français et sa stratégie dans le dossier ukrainien. Pour beaucoup, en ces temps difficiles, le patriotisme prévaut et tous doivent se ranger derrière le président de la République. Toutefois, la guerre en Ukraine coïncide avec la campagne présidentielle française et certains craignent que les équipes d’Emmanuel Macron ne tentent de museler ses adversaires sous couvert d’unité nationale. À presque un mois de la présidentielle, le président du Sénat alerte ainsi sur les risques d’«omission du débat démocratique». Gérard Larcher veut sonner l’alerte à quelques heures du débat au Parlement consacré à la guerre en Ukraine, en prévenant le gouvernement : «Bien sûr que l’unité nationale prévaut», celle-ci n’implique pas pour autant que l’opposition accorde «un blanc-seing» à l’exécutif. «D’ailleurs, c’est le rôle du Parlement (…) : débattre, proposer, éventuellement blâmer». «Nous allons débattre de la situation en Europe, du soutien à l’Ukraine, du soutien économique, du soutien humanitaire, de l’éventuel soutien en termes d’armement», a ainsi déclaré l’élu francilien. Qui précise : «C’est notre rôle et il n’est pas question de mettre la démocratie entre parenthèses pour une démocratie qui nécessite que nous soyons rassemblés». À presque un mois de la présidentielle, Gérard Larcher s’inquiète également du bon déroulé de la campagne. «Il faut qu’on soit attentifs. S’il n’y a pas de débat, s’il n’y a pas de bilan, de projet, imaginons le président réélu. Alors ce sera dans une forme d’omission du débat démocratique. Avec un risque d’illégitimité au cours du mandat», met-il en garde. Selon lui, les candidats peuvent «parler de la crise ukrainienne», et «tous les esprits sont dans cette guerre», mais «il nous faut aussi prévoir l’avenir du pays». Le président des sénateurs LR Bruno Retailleau a abondé dans le sens de son collègue et réclamé des «débats télévisuels». «Il faut que les choses soient sur la table. Quand le peuple ne s’exprime pas dans les urnes, il s’exprime dans la rue. Les Français ont droit à une vraie campagne», a-t-il plaidé. Reste à voir si Emmanuel Macron qui semble décidé à utiliser la carte de la stature présidentielle jusqu’au bout, se résoudra à se présenter humblement comme un simple candidat aux yeux des Français, qui pourraient bien d’ailleurs le virer de l’Élysée, ou s’il tentera de confisquer ce scrutin en décidant, comme certains de ses soutiens le déclarent déjà, qu’en ces temps de crise, un changement de président serait impossible.

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