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vendredi 19 août 2022

Omicron, le peu que nous en savons encore

Peut-être est-il trop tôt pour s’en féliciter, mais le fait est là : deux semaines après sa détection en Afrique du Sud, le variant Omicron n’a encore tué personne, s’il a déjà beaucoup circulé en Afrique australe, et qu’il a déjà été repéré dans une quarantaine de pays. Il ne l’est toujours pas en Algérie, bien qu’il ait été question de cas suspects s’y rapportant. Il commence à se dire que s’il est effectivement plus transmissible, ce qui d’ailleurs reste à confirmer, il est possible qu’il soit en revanche moins dangereux que Delta, contrairement à ce qu’on a cru les premiers temps. Il faut savoir que toutes les données le concernant proviennent d’Afrique du Sud, qui en l’espèce a fait preuve d’une grande transparence. Elle n’en a pas été récompensée, bien au contraire, bien des pays s’étant empressés de décréter des interdictions de voyager depuis et vers elle. Rien ne prouve encore que ce soit chez elle ou chez un de ses voisins qu’il soit né. Le fait qu’en quelques jours il ait fait le tour du monde prouverait plutôt qu’elle n’a fait que le détecter en premier. Rien qu’aux Etats-Unis, il a déjà été retrouvé dans une trentaine d’Etats. Les données disponibles seraient rassurantes, même si bien sûr elles gagneraient à être corroborées par des analyses plus approfondies, dont on peut penser qu’elles sont en cours.

La dernière personnalité connue activant sur le front de l’épidémie à faire entendre ce son de cloche n’est autre qu’Anthony Fauci, le conseiller en chef pour la santé publique du président Joe Biden, qui a déclaré à CNN que les informations en provenance d’Afrique du Sud relatives à Omicron étaient encourageantes, mais qu’il fallait néanmoins rester prudents, car elles n’étaient pas suffisantes. Avant lui, il y avait eu l’OMS pour suggérer quelque chose de similaire, allant même pour sa part jusqu’à dénoncer la quarantaine dont elle voyait l’Afrique du Sud faire l’objet, après que celle-ci a fait son devoir d’alerter sur l’apparition d’un nouveau variant. Des voix isolées s’étaient également élevées pour émettre un message de cette teneur. Elles n’ont pas beaucoup pesé face à celles qui avaient au contraire sonné l’alarme, la plus audible ayant été celle du patron de Moderna, qui avait douté de l’efficacité des vaccins existants, du sien comme de ceux des concurrents, à contrer Omicron. Il avait même annoncé que Moderna s’était déjà mise au travail pour adapter son vaccin au nouveau variant. Voilà une hâte bien douteuse. Aucun cas de décès pour fait d’Omicron n’a encore été enregistré, et voilà que d’après lui il faut déjà s’armer contre une nouvelle pandémie, après celle due à Delta. Le bon sens voudrait qu’on s’assure d’abord qu’Omicron tue et que les vaccins existants ne l’arrêtent pas. Or pour le moment, la seule chose qui semble le caractériser, c’est sa transmissibilité apparemment plus grande que celle de Delta. Ce qui pourrait bien être une chance, si elle s’accompagne d’une létalité moindre. Si Omicron est à la fois plus contagieux et moins mortel que Delta, on ne voit pas l’intérêt qu’il y aurait à adapter les vaccins pour que ce soit à lui qu’ils s’attaquent. Jusqu’à présent, que l’on sache, Omicron n’a pas encore tué. Tant qu’il ne sera pas prouvé qu’il est à la fois plus transmissible et plus dangereux que Delta, il ne faut surtout pas changer de cible. Il faut continuer à cibler Delta, et même voir s’il n’est pas possible de se faire un allié d’Omicron.

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