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mercredi 30 novembre 2022

Obstacle

La défaite humiliante annoncée des démocrates aux élections de mi-mandat mardi n’aura finalement pas eu lieu. Car si les républicains semblent bien placés, les résultats finaux n’ayant pas encore été publiés, pour remporter le Congrès, les démocrates ont mieux résisté que prévu et enrayent le plan de Donald Trump de surfer sur une vague rouge pour reconquérir la Maison-Blanche en 2024. Dans la nuit de mardi à hier, les républicains semblaient en effet bien placés pour remporter la majorité à la Chambre des représentants, mais avec une victoire nettement plus courte que ce qu’ils ambitionnaient. Quant au Sénat, le camp du président de 79 ans a arraché aux républicains le siège le plus disputé de ce scrutin. La victoire en Pennsylvanie du démocrate John Fetterman, lors d’une soirée extrêmement tendue, marquée par un laborieux dépouillement des suffrages, offrait à Biden l’espoir de conserver le contrôle de cette chambre où les républicains avaient jusqu’ici un léger avantage dans les sondages. La composition finale du Sénat était désormais suspendue à quatre sièges : l’Arizona, le Nevada, la Géorgie et le Wisconsin, autant d’États où le comptage de ces voix pourrait nécessiter plusieurs jours. Après une campagne acharnée centrée sur l’inflation, les républicains étaient pourtant confiants dans leurs chances de priver mardi Joe Biden, un président à la cote de popularité anémique, de ses majorités au Congrès. Organisées deux ans après la présidentielle, les élections de mi-mandat font quasi systématiquement office de vote sanction pour le pouvoir en place. Signe de l’optimisme qui régnait dans le camp républicain, les conservateurs visaient même des sièges dans des circonscriptions censées être solidement acquises aux démocrates. Mais le Parti républicain, à qui l’on prêtait jusqu’à peu une percée de 10, 25, voire 30 sièges, s’est vu obligé de revoir ses ambitions à la baisse. Soucieux de parer d’éventuelles critiques sur les résultats des conservateurs, Donald Trump a affirmé que son parti passait une «super soirée» électorale. Et a accusé les démocrates et les médias «fake news» de tout faire pour minimiser les succès de ses protégés. Le milliardaire avait parié sur une victoire éclatante de ses lieutenants pour se lancer sous les meilleurs auspices dans la course à la présidentielle 2024. Il a promis à cet effet «une très grande annonce» le 15 novembre. Une façon de couper l’herbe sous le pied à l’un de ces potentiels rivaux à l’investiture républicaine, Ron DeSantis. Mais de ces élections de mi-mandat, le gouverneur de Floride, réélu de manière triomphale, sort, lui, renforcé. Etoile montante du camp conservateur, Ron DeSantis s’est félicité dans un discours offensif d’avoir fait de cet État du sud, longtemps considéré comme penchant tantôt à gauche, tantôt à droite, une «terre promise» pour les républicains, où «l’idéologie ‘’woke’’ vient mourir». «Je ne fais que commencer le combat», a promis le gouverneur âgé de 44 ans. Le gouverneur floridien semble ainsi prêt à affronter Trump qui est connu pour être impitoyable avec ses adversaires et qui pourrait l’être d’autant plus que DeSantis serait en mesure d’être pour l’ex-président un obstacle de taille de plus sur sa quête d’un second mandat. Surtout que les démocrates de leur côté sont déterminés à user de tous les moyens pour barrer la route à l’ex-président conservateur, et qu’une guerre intestine au sein des républicains serait leur scénario idéal pour 2024.

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Le 30 Novembre 2022

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