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mercredi 1 février 2023

Normalisation

La présidence de Hugo Chavez au Venezuela a rapidement dégradé les relations du pays avec Washington qui n’a pas apprécié les relations de Caracas avec des pays sur liste noire, tel que l’Irak de Saddam Hussein ou encore la petite île de Fidel Castro. Et si la cassure des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela ne s’est pas faite en un jour, il est aujourd’hui difficile de renouer des liens entre les deux pays. Pourtant, le président vénézuélien Nicolas Maduro, semble prêt à tendre la main à Washington. Dimanche, celui-ci affirmait que «le Venezuela est prêt, totalement prêt, pour se diriger vers un processus de normalisation des relations diplomatiques, consulaires, politiques, avec ce gouvernement des États-Unis et avec ceux qui pourraient arriver ensuite». Cette déclaration est intervenue dans le cadre d’une interview avec le journaliste français Ignacio Ramonet et la chaîne Telesur, diffusée par la télévision publique vénézuélienne. Le gouvernement de Nicolas Maduro avait rompu avec les États-Unis en 2019, année où l’administration de Donald Trump avait reconnu l’opposant Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Pour tenter de chasser Nicolas Maduro du pouvoir, Washington avait adopté une batterie de sanctions contre Caracas, dont un embargo sur le pétrole vénézuélien. Même si l’actuel président Joe Biden continue formellement à ne pas reconnaître Nicolas Maduro comme président du Venezuela, jugeant son élection en 2018 frauduleuse, la crise pétrolière provoquée par la guerre en Ukraine a entraîné un réchauffement des relations. La Maison-Blanche a envoyé en 2022 des émissaires à Caracas pour négocier et a assoupli les sanctions contre le Venezuela après une avancée dans les négociations entre pouvoir et opposition, permettant notamment au géant pétrolier Chevron d’opérer dans le pays latino-américain pendant les six prochains mois. «Nous sommes prêts pour des dialogues au plus haut niveau, pour des relations de respect, et j’espère qu’un rayon de lumière parviendra à ces États-Unis d’Amérique du Nord pour qu’ils tournent la page, laissent de côté cette politique extrémiste, et parviennent à des politiques plus pragmatiques vis-à-vis du Venezuela», a affirmé le président vénézuélien. Nicolas Maduro a également déclaré que «les choses avancent bien» avec l’Union européenne et qu’un «dialogue permanent» a lieu avec le chef de la diplomatie des Vingt-Sept, Josep Borrell. Seulement, les relations avec Washington ne seront pas faciles à amender et l’administration américaine tient pour le moment toutes les cartes dans les discussions pour un réchauffement des relations. Et si Maduro n’est pas une tête brûlée comme l’était Hugo Chavez, dont les sorties pouvaient souvent être aussi inattendues que brutales vis-à-vis de Washington, le moindre faux pas risque de braquer la Maison-Blanche qui ne peut se montrer faible, comparé à Donald Trump qui s’était montré implacable avec le président vénézuélien en exercice.

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