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mardi 28 juin 2022

Nomination

Des sources proches de la Présidence française avaient laissé entendre, il y a quelques semaines déjà, que le président fraichement réélu, Emmanuel Macron, avait l’intention de confier Matignon à une femme. Une première depuis Édith Cresson (1991) qui avait été la première femme Premier ministre de France. Lundi soir, Macron mettait finalement fin au suspense en annonçant la nomination d’Élisabeth Borne au poste très convoité de Chef du gouvernement. À 61 ans, celle qui fut successivement durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, ministre des Transports, de la Transition écologique puis du Travail, succède ainsi à Jean Castex. Élisabeth Borne, technicienne tenace, jugée loyale, est perçue par la macronie comme ayant largement fait ses preuves au gouvernement pendant tout le dernier quinquennat. Outre l’avantage d’être une femme, cette ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal a également le mérite d’appartenir à l’aile gauche de la macronie, un atout à l’heure où s’annoncent de nouvelles réformes sociales, à commencer par «la mère des batailles» sur les retraites. Polytechnicienne, ancienne préfète de la région Poitou-Charentes, ex-dirigeante de la RATP, la sexagénaire qui revendique une fibre sociale est réputée pour son autorité et son sérieux en macronie. Elle n’a jamais été élue, mais se présente aux législatives dans le Calvados, Élisabeth Borne a les faveurs d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée. «Une techno, un profil académique, la continuité», résumait-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Surtout, il semblerait que le président, qui a été reconduit il y a moins d’un mois pour un second quinquennat, ait voulu choisir une femme qui ne serait pas issue directement de son mouvement, La République en Marche, devenu il y a peu Renaissance, pour «poursuivre le dépassement politique», et ces derniers temps, confie un stratège du pouvoir, «Élisabeth Borne n’a été associée à rien politiquement». Reste à voir si la nouvelle Cheffe du gouvernement réussira à sortir son épingle du jeu et à mettre en place autour d’elle un gouvernement solide et efficace, ou si elle servira de soupape de sécurité à Emmanuel Macron qui espère instaurer des réformes difficiles qui créeront, à n’en pas douter, des mouvements sociaux auxquels devra faire face la Première ministre.

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