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mercredi 22 mai 2024

Netanyahou est déjà quelqu’un avec qui on n’aimerait pas paraître

En attendant que la nouvelle selon laquelle la Cour Pénale Internationale s’apprêterait à émettre des mandats d’arrêt contre des responsables israéliens – dont Benyamin Netanyahou, mais aussi le ministre de la Défense et le chef d’état-major – se confirme ou au contraire s’infirme, force est d’observer que d’ores et déjà les officiels israéliens ne se rendent plus à l’étranger, pas même le ministre des Affaires étrangères dont c’est pourtant le métier d’aller et de venir. Depuis des semaines, celui-ci n’apparaît que sur des plateaux de chaînes locales, qui plus est rarement, et à chaque fois moins comme ministre en activité que comme quelqu’un de proche des centres de décision, qui à ce titre serait au courant de choses fort bonnes à connaître. La seule personnalité à avoir voyagé dernièrement, et encore le fait commence à dater, c’est Benny Gantz, un membre du Conseil de guerre, ministre sans portefeuille, ce qui par les temps qui courent n’est pas un moins mais plutôt un plus, lequel s’était rendu à Washington et à Londres, c’est-à-dire chez les meilleurs alliés d’Israël.

Il n’est pas évident qu’il puisse refaire aujourd’hui le même périple. Mais on
n’imagine pas Itmar Ben-Gvir ou Belazel Smotrich ailleurs qu’en Israël et sans que leur présence déclenche l’indignation générale et l’émeute, sinon la révolution. On n’imagine pas non plus Netanyahou aujourd’hui à l’étranger, quand bien même ce serait dans un pays ami, parce que tout simplement personne en Occident n’a pour l’heure grande envie de se montrer avec lui. Le maximum qu’on puisse faire avec lui aujourd’hui, c’est lui parler au téléphone, comme il semble que n’arrête pas de faire le président américain, qui ne doit pas même songer à l’inviter à Washington pour discuter plus à l’aise de questions d’une actualité brûlante. C’est probablement ce qu’il aurait fait en des circonstances moins tendues. La présence de Netanyahou est d’autant moins souhaitée aux Etats-Unis qu’elle ferait l’effet d’une provocation dans le contexte actuel de révolte des universités. Une grande majorité d’Américains, d’après un récent sondage ils seraient plus de 70 %, désapprouvent la façon dont Israël soi-disant se défend à Ghaza. Parmi les démocrates, 53 % seraient de cet avis. Ceux des politiques américains les plus fervents soutiens d’Israël, qui voient dans les anti-guerres des antisémites, comme par exemple, Mike Johnson le speaker républicain de la Chambre des représentants, qui s’était rendu sur le campus de Columbia, ne voudraient pas s’afficher avec lui, à plus forte raison s’ils sont candidats aux élections de novembre prochain. On le voit, nul besoin d’un mandat d’arrêt international pour isoler Netanyahou sur la scène internationale, il l’est déjà. Les pays mêmes qui continuent d’armer Israël, au premier chef les Etats-Unis, ne voudraient pas inviter chez eux ses dirigeants, de crainte de déplaire ce faisant fortement à leur opinion. Les Etats-Unis moins que tous d’ailleurs, car se trouvant à la veille d’une élection cruciale, sans exemple dans leur histoire. Si Joe Biden en définitive n’est pas réélu le 5 novembre prochain, ce sera en partie en raison de son soutien indéfectible à Israël. Pour l’heure, le président américain redouble de pression, tient-on à dire côté Maison-Blanche, sur Netanyahou pour que celui-ci reporte à des jours meilleurs l’offensive sur Rafah, sachant que dans le climat actuel d’ébullition des universités, rien ne serait plus mauvais pour sa réélection et pour son camp.

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