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lundi 27 juin 2022

Naufrage

Le 5 décembre dernier, Éric Zemmour tenait son premier meeting à Villepinte avec des milliers de partisans réunis pour l’entendre faire son discours de début de campagne. Un exercice périlleux que beaucoup espéraient que ce novice en politique raterait. Mais l’ex-journaliste a réussi à captiver son audience avec éloquence. Depuis, plusieurs autres candidats à la présidentielle ont rencontré leur public, avec plus ou moins de succès. Toutefois, aucun n’avait raté son discours comme l’a fait samedi Valérie Pécresse, pourtant en politique depuis trente ans. Le premier grand raout de campagne de la candidate des Républicains a ainsi déçu les cadres même du parti qui s’inquiètent des futures études d’opinions. Le meeting qui devait relancer la campagne de Valérie Pécresse, après de mauvais sondages, les propos de Nicolas Sarkozy et la défection d’Éric Woerth, aura été un grand raté. Les cadres du parti, pour la plupart présents au premier rang au Zénith de Paris, estiment que la prestation de la candidate de la droite n’était pas au niveau. Quelques minutes à peine après le début de sa prise de parole, Nadine Morano n’a pas caché sa gêne. «Mais qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?», s’est demandée à haute voix sa conseillère internationale. «Accélère Valérie, accélère», l’a exhortée à distance depuis la salle Hervé-Morin, le patron des Centristes. La patronne de la Région Île-de-France a semblé mal à l’aise dès le début de ce grand raout, enchaînant les silences, gênée par les «Valérie présidente» que lançaient les jeunes Républicains. «C’était un naufrage. On a voulu lui faire faire un exercice qu’elle ne sait pas faire. Il aurait fallu la faire marcher sur scène, qu’elle dise dès le début ‘’je ne suis pas une grande oratrice’’… là, ce n’est juste pas possible», confie encore un ténor des Républicains. Alors que la candidate se sait peu à l’aise dans l’exercice, elle a passé son samedi après-midi au Zénith pour s’habituer à la salle. Sans grand succès. «On aurait dit Le Cid joué par une élève de 6e», juge encore cruellement un élu LR. «Elle avait l’air de ne pas savoir utiliser les prompteurs… et ne savait pas jouer avec le public. En fait, on s’est rendu compte qu’elle n’avait jamais fait ça, une salle aussi grande», lâche encore un ancien ministre de Nicolas Sarkozy. D’autres cadres du parti ont trouvé, eux, le meeting réussi, à l’instar de Christian Jacob, le patron du parti, qui était aux côtés de Valérie Pécresse quand elle est arrivée dans la salle. «J’ai vu une belle ambiance (…), des moments justes, des moments de sincérité», a estimé le président des LR. Pourtant, des dizaines de militants n’ont pas hésité à quitter la salle du Zénith avant la fin de la prise de parole de Pécresse, dépités par la prestation de leur candidate. Sur les réseaux sociaux beaucoup de sympathisants de droite expriment leurs frustrations alors que les hashtags #PécresseDétresse et #ValérieDétresse étaient en tendance en France. Toutefois, tout n’est pas perdu et il reste encore deux mois à la candidate LR pour se ressaisir et prouver aux électeurs qu’elle a l’étoffe d’un chef d’État et convaincre ceux dans son camp qui pensent à quitter le navire LR pour LREM ou Reconquête ! qu’elle peut mener son parti à la victoire.

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