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mercredi 1 février 2023

Musique: Récital andalou de Zakia Kara Terki et Hania Bekhti

Un récital de musiques andalouse et chaâbi a été animé lundi soir, à la salle Ibn-Khaldoun, par la chanteuse Hania Bekhti et l’icône de la musique andalouse, Zakia Kara Terki, devant un public peu nombreux.

Par Adéla S.
Le spectacle s’est déroulé dans une ambiance conviviale, avec en ouverture Hania Bekhti, qui a enchanté l’assistance une demi-heure durant, enchaînant en un seul jet une dizaine de pièces andalouses et chaâbi.
Entre Inqilebet, H’waza, Q’çid et Kh’lasset, l’interprète cherchelloise a fait montre de toute l’étendue de son talent, déployant, avec beaucoup de savoir-faire, une suite de pièces dans le mode Moual, qui ont incité le public à occuper la piste de danse dans des atmosphères de joie.
Bercée dans l’univers de la chanson chaâbi depuis sa tendre enfance, grâce notamment à son oncle, le grand chanteur Baâziz, Hania Bekhti a entamé sa carrière d’artiste en 2012.
Depuis, elle compte à son actif, trois singles, dont deux hommages rendus à la grande figure de la variété algérienne, également originaire de Cherchell, Noura (1938-2014), ainsi qu’un dernier opus dans le genre moderne, intitulé «Mon cœur».
Zakia Kara Terki, une des divas de la chanson arabo-andalouse, est ensuite apparue, mandole à la main, sous les applaudissements et les youyous du public présent, a qui elle a réservé un répertoire de chansons du terroir Sanâa et Ghernati.
La cantatrice à la voix suave a rendu une quinzaine de pièces dans les modes Ghrib, Zidène et Moual, invitant le public à une randonnée onirique dédiée à
l’évocation de la joie de se retrouver, de l’amour, de la célébration de l’autre, du partage et du vivre ensemble.
Dans un lyrisme poétique prolifique, consacré à travers les siècles par les grands textes des célèbres poètes de cette musique savante, Zakia Kara Terki a choisi pour sa première partie de rendre des pièces comme «Ya Saâ Hania», «Qoum yassir lana el kitâne», «Koullif’tou bi badri» ou encore «Ma koun’tou adri».
L’artiste a entamé la deuxième partie de son répertoire avec les belles variations mélodiques et rythmiques du mode «de la solennité» Zidène avec ses intonations relevées dans les gammes majeures.
Les deux chanteuses étaient soutenues par un orchestre d’anciens musiciens dont Rabah Berbiche au piano, Djamel Kebladj et Mehdi Bouguerra aux violons altos, Krimo Meghzifene au oud, Hamza Zaghouani à la derbouka et Kamel Si Saber au tar. S’étant longtemps imprégnée de l’Ecole Gharnati de Tlemcen, Zakia Kara Terki s’est établie à Alger en 1978 pour se fixer pour unique objectif la maîtrise des contenus de l’Ecole Sanâa, intégrant pour ce faire l’association «El Djazaïria El Moussiliya» puis en 1980 celle d’«El Fakhardjia», avant de fonder son propre orchestre en 1996 et s’investir totalement dans une carrière solo, comptant depuis sept opus qui englobent les contenus des écoles de Tlemcen et Alger.
Le concert de musique andalouse et chaâbi, animé par Hania Bekhti et Zakia Kara Terki, a été organisé par l’Etablissement Art et Culture de la wilaya d’Alger, dans le cadre de son programme d’accompagnement culturel du Championnat d’Afrique des nations (CHAN 2022) qu’organise l’Algérie jusqu’au 4 février prochain.
A. S.

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