14.9 C
Alger
samedi 3 décembre 2022

Mur

Donald Trump avait réussi à immédiatement sortir du lot durant les élections primaires de 2016 en proposant de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour limiter drastiquement l’immigration illégale en provenance d’Amérique latine. Un mur qui ne sera finalement construit que sur une portion seulement de la bordure américano-mexicaine lors du mandat présidentielle de Trump, faute de budget. Une barrière qui avait, en 2016 et lors des quatre années du républicain à la Maison-Blanche, suscité des réactions indignées de ses opposants, particulièrement chez les démocrates. «Il n’y aura pas un centimètre de mur construit sous mon administration», avait d’ailleurs assuré le candidat Joe Biden durant la campagne en 2020. Désormais élu, le chef de l’État semble avoir oublié ses déclarations passées. Selon «The Economist», le président américain a en effet donné son feu vert pour des travaux afin de combler des brèches dans la barrière érigée par son prédécesseur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Selon l’hebdomadaire, la situation migratoire entre les deux pays a poussé le démocrate à faire volte-face : «Compte tenu du nombre record de migrants à la frontière des États-Unis avec le Mexique, il a discrètement fait marche arrière en acceptant de boucher des interstices restés béants lorsqu’il avait stoppé net la construction du mur, le jour de son investiture». «The Intercept» a lui aussi confirmé la reprise des travaux, à la mi-septembre. Le responsable d’une ONG de défense de la biodiversité, Myles Traphagen, s’est rendu récemment près de la frontière en Arizona où il a pu constater les dernières constructions : «Ça fait le même effet qu’à l’époque de la construction du mur sous Trump. Je n’avais plus ressenti ça depuis un an et demi et là, on se dit ‘’Oh merde, c’est reparti’’». C’est Mark Kelly, sénateur démocrate de l’Arizona, qui aurait poussé l’administration Biden à agir. «Cet élu sait que l’image de faiblesse que renvoient les démocrates lorsqu’il s’agit de sécuriser la frontière pourrait lui coûter des voix», estime «The Economist». La question de l’immigration divise la société américaine et sera un enjeu majeur pour le président Joe Biden lors des élections de mi-mandat au mois de novembre. Reste qu’une large partie de l’électorat libéral s’était positionnée très clairement contre le mur de Trump qui était même qualifié de projet fou profondément raciste. Il serait intéressant surtout de voir la réaction des élus démocrates qui ont lutté durant le mandat du président milliardaire pour l’empêcher de financer la barrière anti-immigration. Peut-être que le débat sera ouvert après les élections du mois prochain pour éviter que cette question ne vienne perturber la campagne démocrate qui a déjà du mal à décoller et qui risque de se solder par une perte significative de représentants au Congrès et au Sénat.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img