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dimanche 26 juin 2022

Mostaganem: L’image touristique de la ville dégradée par l’informel

Bien installé dans le paysage socio-économique mostaganémois depuis quelques années, l’informel n’a laissé libre aucun espace de passage ou de place publique : coins de trottoirs et trottoirs, places publiques, escaliers, squares et jardins publics, entrées d’immeubles, sous les arcades du centre-ville…

Par Lotfi Abdelmadjid

Ce phénomène, qui n’est pas spécifique à Mostaganem, a gagné aussi les villages et du coup occasionne une entrave à la circulation piétonnière. Il est devenu un véritable problème pour les passants, mais aussi pour les riverains respectueux des limites entre ce qui est privé et ce qui est public. En effet, il est des commerçants qui ont profité d’un certain laxisme pour étendre leur activité au-delà du trottoir, jusqu’à occuper une partie de la voie automobile. Ce phénomène a pris tellement d’ampleur qu’il suscite désormais une inquiétude des citoyens qui ne peuvent plus aller d’un endroit à l’autre sans faire du slalom à pied et en voiture également. Les quelques tentatives de libérer les espaces publics se sont soldées par des échecs cuisants, car l’informel de l’Oued Ain Sefra s’est redéployé sur lui-même et sa densité fait de lui un véritable «cluster» entretenant la pandémie virale qui est toujours là. La fameuse «rue du Lion» a gardé ses activité et ne désemplit pas de clientes. Elle a fait des ramifications jusqu’à toute la zone des 3 ponts, vers l’hôpital «Che Guevara» et vers la Cité légendaire deTigditt, le long de la rue «Qadouss el Meddah». Par ailleurs, les anciens garages de voitures se sont convertis en «centres commerciaux», lesquels attirent une grande affluence de la gente féminine mais aussi de nombreux informels qui sont pour la majorité issus des localités voisines de la commune de Mostaganem. Au cœur de la ville, aux environs du pont «17 Octobre», ce sont des trottoirs occupés par des commerces construits en dur devant l’îlot de police, des escaliers menant vers les bus sont occupés par des herboristes précaires, des abris-bus reconvertis en kiosques attirent aussi une clientèle des parages. Sous le pont en question, sont entremêlés «dellala, ferracha et khorda», occasionnant une gêne évidente aux bus et aux taxis des 300-600 logements, ainsi qu’à leurs clients et autres piétons. Il y a tellement de choses à dire sur l’immense chaos qui règne que cette situation de pagaille et de désordre semble sortie tout droit du Bangladesh ou des quartiers pauvres des villes indiennes. Dépités et déçus, les citoyens pointent du doigt la mauvaise gestion des APC successives qui en sont les principaux responsables pour avoir permis la «clochardisation» de Mostaganem. Le Marché couvert de viandes, poissons, fruits et légumes, est aussi un autre lieu où tout se confond entre formel et informel qui fait du «dépassement de gabarits des carreaux» une constante. Mais il est vrai que certains enfants de la ville dénient à cet espace commercial l’appellation de «marché» et le désignent plutôt de «souk couvert» et ceci est valable aussi pour le marché couvert d’habits, longeant la rue «Abdellaoui, ex- 17e tirailleur de ligne». En bref, Mostaganem, qui se targue d’être une destination touristique, a vraiment besoin d’un véritable plan d’assainissement urbain et d’un plan de réhabilitation urbaine. En attendant cela, Mostaganem gagnerait dans une grande opération de clean, suivie d’une opération de ravalement des façades car certains endroits sont lamentablement répugnants.

L. A.

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