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mardi 16 août 2022

Mostaganem: La radio régionale sonne creux

Le concept de la radio publique est donc un service destiné au public de la localité où se trouve implantée la structure. Pour une audience optimale, il y a la diversité des programmes qui s’inscrit dans un intérêt qui ne peut être que général. Informer, communiquer, éduquer, former, sensibiliser, prévenir et accompagner dans l’interaction, sont les missions d’une structure radiophonique publique. Aujourd’hui, la Radio Mostaganem s’éloigne carrément de ses statuts, même si elle se nomme régionale. Tout porte à croire que les responsables de cet organe local d’information sont à côté des aspirations des auditeurs locaux. Les auditeurs radiophoniques sont fidèles à l’écoute que si la radio s’intéresse à eux, que si elle aborde les sujets ayant trait à leur quotidien, que si elle s’implique dans le développement de leur territoire, que si elle apporte du réconfort aux citoyens en difficulté, que si elle établit des liens entre l’administré et l’administration, que si elle promeut l’information, que si elle est communicative avec ses auditeurs sur des thématiques qui concerneraient leur bien-être, que si elle impulse le culturel, le scientifique, instaurant des programmes captivants. Aujourd’hui, cette radio, pour laquelle les Mostaganémois ambitionnaient à faire d’elle une voix ampliative pour la promotion de sa vitrine, fléchit et devient inintéressante. Interrogés par notre correspondant, certains disent ne pas être satisfaits des programmes car ils s’éloignent de plus en plus de ce qui les intéresse. D’autres diront qu’ils souhaiteraient faire parler la rue, plonger dans le quotidien, sensibiliser davantage contre les fléaux sociaux. Des auditeurs éclairés trouvent que les tables rondes sur certains sujets sont ennuyeux car se sont presque toujours les mêmes personnes qui interviennent, sans aucune interaction avec le public. «Je n’écoute une radio que si les sujets abordés me captivent sinon je zappe pour chercher ce qui m’intéresse». Beaucoup d’auditeurs n’écoutent plus Radio Mostaganem et se recherchent dans les émissions plaisantes et profitables sur les ondes de Sidi Bel-Abbès, Ain Témouchent ou celle d’El Bahia. Cette radio va à reculons et les raisons de cette reculade à rétrogression se sont les conflits d’intérêt qui pèsent toujours parmi le personnel. A l’intérieur de la baraque il y a le feu qui semble prendre le dessus sur la réflexion et le bon sens. Une tempête est passée par cette structure radiophonique soit un énorme investissement des pouvoirs publics qui continue à sonner creux. On a mis fin à des émissions qui traitaient des sujets sur l’environnement, on a fermé l’espace qui apportait du réconfort aux populations des zones d’ombre, on a oublié qu’à Mostaganem il y a des sujets phares du développement qui ont toujours préoccupé les citoyens, on a fermé les portes aux autres sources d’informations… Si Aicha de Souika dédie une chanson à Yamina de Kaddouss El Meddah, c’est bien, c’est même parfait, mais Souika et Kadouss El Meddah ont besoin que l’on s’occupe d’elles en priorité. Tout porte à croire que les compétences journalistiques que recèle cette radio sont étouffées, par conséquent la créativité demeure rarissime. Avant, on invitait les responsables et on leur soumettait les préoccupations des auditeurs ; même si les questions passaient en différé on avait cette impression que la radio est là pour quelque chose de bénéfique. La radio comme organe d’information ne peut pas se permettre le marasme jusqu’à ce que l’on se désintéresse de ses émissions. A la Radio Mostaganem on n’a pas encore compris que ce bien appartient au public et il faut qu’il intéresse au premier degré le public. Aujourd’hui, les responsables doivent revoir leurs fiches et œuvrer pour améliorer leurs programmes, perfectionner l’audience et promouvoir cet instrument informatif en l’adaptant au développement de la wilaya.
Lotfi Abdelmadjid

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