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dimanche 26 juin 2022

Mostaganem (Blad Touahria) : Un stock de pesticides périmés menace la santé de la population

Faisant partie des 500 sites recensés, il y a deux années, par le ministère de l’Environnement, la commune de Blad Touahria, dans la daïra de Mesra, abrite un stock considérable de pesticides en poudre et liquide DDT et d’engrais solides menaçant la santé des habitants.
Selon les informations recueillies par nos soins, c’est dans une ancienne cave viticole située en plein centre de la municipalité que sont stockés ces produits. Les pesticides durs et les engrais allant jusqu’à une quinzaine de tonnes sont emmagasinés dans plusieurs cuves depuis de longues années. Ces produits périmés appartenant au secteur de l’Agriculture furent l’objet d’un entreposage pour cause de péremption en 1994. Il semblerait aussi que certains de ces produits se trouvant dans le site portent un étiquetage de 1973, même s’ils ont été isolés ultérieurement. A une certaine époque, des inconnus avaient vandalisé la cave pour s’emparer du DDT entreposé et le revendre illégalement aux fellahs. L’ouverture des cuves saccagées a laissé s’échapper des émanations des restes de ces mêmes produits chimiques dans l’air. C’était à l’époque, le premier signal de contamination. Faut-il noter qu’avec le temps il aurait pu y avoir, aussi, des infiltrations sur les réseaux AEP de la commune. En revanche, on n’a jamais procédé à des analyses afin de contenir la pollution des eaux et prendre les précautions pour protéger la santé des riverains. Mais à ce jour, les produits chimiques périmés sont toujours là et à Blad Touahria l’inquiétude a atteint son paroxysme car la menace sur l’environnement et sur la santé des habitants est évidente. Les autorités de Mesra en l’occurrence la daïra a alerté, par des écrits les pouvoirs publics à plusieurs reprises pour la prise en charge de cette tare écologique. Selon certains témoignages, ce stock de pesticides périmés potentiellement exposés a été toujours une crainte, car depuis son stockage, beaucoup de cas de cancer de type hématopoïétique se sont manifestés dans la localité. Des cas déjà déclarés morts victimes de cette pollution et le dernier est le nommé Abdelatif âgé de 11 ans. Les habitants déplorent une telle situation car ils ne comprennent pas les raisons pour lesquelles cette «bombe» écologique est toujours là. Ces derniers restent perplexes quant à toutes ces années passées sans que des actions de destruction ne soient entreprises. Les riverains inquiets nous affirment que ces quantités de produits chimiques nocifs représentent un danger parce qu’elles sont mal entreposées. Selon certains, en période de grosses chaleur les fuites d’odeurs et de poussières inconnues sont perceptibles dans les alentours de la cave. D’autres nous rappellent que la Direction des services agricoles, qui a enfui ce stock, semble ignorer la double menace qui est celle de la santé des citoyens et l’impact sur l’environnement. L’opération de destruction reste imminente, nous explique un retraité du village, si la volonté de sauver des vies est présente chez ceux qui connaissent la gravité de la situation et qui ne réagissent pas. Selon nos sources, deux sociétés spécialisées ont déposé des offres pour procéder à l’élimination des pesticides stockés par des systèmes de traitement thermique, mais il semblerait que le financement fait défaut. L’austérité économique va compliquer davantage les opérations de destruction, car elles demeurent trop coûteuses.
Lotfi Abdelmadjid

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