13.9 C
Alger
mercredi 7 décembre 2022

Mobilisation

Jamais un président français n’aura réussi à antagoniser aussi violemment une partie de la population contre sa personnalité et non pas seulement sa politique. Emmanuel Macron, après avoir dû faire face à près de deux ans de manifestations de «gilets jaunes», voit aujourd’hui un nouveau mouvement envahir les rues du pays chaque samedi. De nouvelles manifestations ont eu encore lieu ce samedi dans plus de 150 villes en France contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants. 237 000 manifestants ont été recensés, dont 17 000 à Paris. Il s’agit de la plus forte mobilisation jusqu’à présent, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Le pass sanitaire, validé jeudi par le Conseil constitutionnel, doit entrer en vigueur aujourd’hui. Ces défilés, pour le quatrième week-end consécutif, interviennent au lendemain d’un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron, «Faites-vous vacciner», et alors que plus de 44 millions de Français ont reçu au moins une dose (65,9 % de la population). «Macron, ton pass (sanitaire), on n’en veut pas», avaient crié dès jeudi soir quelques centaines de manifestants à Paris après sa validation par le Conseil constitutionnel. La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi. Dès la semaine prochaine, il faudra a priori présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d’un avion, d’un train ou d’un autocar. Dans les cortèges, beaucoup disent refuser d’être «les cobayes» de nouveaux vaccins. Mais une bonne part des manifestants, parfois vaccinés, manifestent spécifiquement contre l’imposition du pass sanitaire, qui constitue, selon eux, une «obligation vaccinale déguisée» et instaure «une société de contrôle». Le ministère de l’Intérieur avait recensé au moins 204 000 manifestants le 31 juillet (contre 161 000 une semaine plus tôt). «On attend globalement le même nombre de manifestants ce samedi», pronostique une source policière. Beaucoup de ces manifestants voient aussi dans ces manifestations une occasion de se mobiliser contre Emmanuel Macron qui continue de polariser l’opinion et semble incapable de trouver un moyen de calmer ces Français qui le détestent. Reste à voir combien de temps ces manifestations dureront et surtout si elles auront un impact sur les décisions gouvernementales, alors même que les autorités assurent qu’elles ne se laisseront pas impressionner par la mobilisation des anti-pass sanitaire.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img