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jeudi 23 mars 2023

Mise en place de la diplomatie économique / Abdelmalek Serrai : «Un immense chantier nous attend…»

«Formation des experts, allégement de la bureaucratie en Algérie, simplification de la réglementation, création de banques et de transits au niveau des pays africains… c’est un grand chantier qui nous attend pour la mise en place de la diplomatie économique», a indiqué Abdelmalek Serrai, expert international en économie.

Par Thinhinene Khouchi

S’exprimant hier au Forum d’«El Moudjahid», l’expert international en économie s’est montré critique envers la gestion de l’économie du pays. Il a, à multiples reprises, exposé les différents obstacles et les défaillances de notre stratégie économique étrangère ainsi que notre gestion de l’exportation. Concernant la diplomatie économique et sa nécessité pour notre pays, Abdelmalek Serrai a indiqué que «ce sujet est d’actualité car depuis l’indépendance on n’a pas fait grand-chose sur la diplomatie économique pour aider le pays a s’exporter davantage, notamment sur le plan des produits ou des services. Aujourd’hui, il est vrai que le feedback officiel de la diplomatie économique est plus au moins au ministère des Affaires étrangères qui, en coordination avec le ministère du Commerce et des ministères techniques, à savoir ceux de l’Industrie, de l’Agriculture, du Tourisme et même de la Culture, essaient tant bien que mal, avec leur institutions spécialisées, de couvrir cet aspect en travaillant ensemble pour peser d’abord sur l’économie algérienne et sur l’économie internationale notamment vers l’Afrique, puisque nous avons un besoin immédiat de gagner les pays africains car le marché est juste à côté de nous». Il ajoutera qu’«il y a des recommandations qui ont été faites au mois de mai dernier sur le plan de la relance économique par le président de la République, on doit s’identifier à ce plan». Il a expliqué que les anciennes tentatives de lancement de la diplomatie économique sont nombreuses, mais n’ont pas été appliquées pour récupérer les bienfaits. «Il y a eu plusieurs accords et conventions signés avec d’autres pays, notamment dans le biais bilatéral, mais cela n’a jamais été appliqué. Ce sont beaucoup plus des accords de prestige». En ce qui concerne les organisations internationales, l’Algérie est partie prenante de la plupart de ces organisations. «Je mentionne le Centre international de Genève, les multinationales des Etats-Unis. On n’en a pas profité et pourtant on paie des budgets pour la gestion de ces organisations là», a-t-il dit. «Il y a des banques arabes et islamiques qui n’ont pas été suffisamment utilisées. Tous les pays en profitent sauf nous ! Il est donc temps pour que la machine de la diplomatie économique commence à bouger. On doit regarder auprès de ces institutions financières pour en profiter. Nous devons corriger notre absence», a-t-il souligné. Sur le plan de l’application de la diplomatie économique, qui est essentiellement gérée par le ministère des Affaires étrangères, l’intervenant a indiqué qu’«il y a plusieurs changements à faire». Selon Serrai, il faut faciliter la réglementation, s’ouvrir davantage aux investisseurs et surtout alléger la bureaucratie qui les étouffe. A ce sujet, il dira qu’à titre d’exemple «malheureusement, il y a des centaines et des milliers de dossiers d’investissement qui sont aujourd’hui bloqués au niveau des directions de l’agriculture, du tourisme… Les gens veulent investir mais attendent l’accord de ces directions. Sachez qu’il y a des dossiers qui attendent depuis cinq ans un avis favorable au niveau de ces directions». Si on veut vraiment intensifier la production agricole en Algérie, «ont doit ouvrir les portes aux investisseurs, car les terrains existent». En outre, l’expert a affirmé que pour la réussite de cette diplomatie, «la création de banques algériennes et de transits au niveau des pays africains, arabes ou autre, est plus que nécessaire». Il dira que «la Banque d’Algérie doit changer sa politique et les banques algériennes doivent apporter leurs supports et soutien aux investisseurs algériens». Concernan les obstacles relevés par Abdelmalek Serrai, il insistera sur la «bureaucratie, la réglementation qui change chaque année, le manque d’agressivité des investisseurs algériens à
l’étranger, le transport pour lequel on doit ouvrir des lignes plus adaptées pour alimenter les marchés. Il faut aussi une représentation commerciale de nos services et de notre culture et économie au niveau des pays africains et autres», conclura l’expert en économie. T. K.

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