19.9 C
Alger
dimanche 2 octobre 2022

Message

À la fin du mois d’août dernier, au moment où les dernières troupes et personnels américains quittaient le territoire afghan et que les talibans reprenaient le pouvoir après vingt ans de présence occidentale, certaines institutions internationales et européennes semblaient penser que les fondamentalistes de 2021 seraient différents de ceux de 2001. Ravis de pouvoir utiliser la naïveté, sincère ou feinte, de ces institutions et organisations, les talibans avaient alors communiqué en assurant qu’ils allaient mettre en place un gouvernement «inclusif». Mais la plaisanterie n’aura pas duré longtemps et les intégristes au pouvoir, dont le mouvement a fait des centaines de milliers de morts en Afghanistan à travers des attentats incessants ces deux dernières décennies, a vite resserré la vis, en supprimant les unes après les autres les quelques libertés qu’avaient acquis la population et plus particulièrement les femmes du pays. Ces dernières ne peuvent aujourd’hui plus accéder à l’éducation, aux emplois publics, voyager seule ou même désormais sortir de chez elle sans vêtir la fameuse burqa qui, il y a plus de vingt ans déjà, avait fait connaître le sinistre régime taliban au reste du monde. Or aujourd’hui, le régime taliban ne veut plus être déconsidéré et estime qu’il a sa place au sein du concert des nations. Le chef suprême de l’Afghanistan a en effet appelé au début du mois la communauté internationale à reconnaître le gouvernement taliban, estimant que le monde était devenu un «petit village» et que le rétablissement des relations diplomatiques aiderait à résoudre les problèmes du pays. Aucun pays n’a formellement reconnu le nouveau régime afghan, mis en place après le retour des talibans au pouvoir en août. Dans un message diffusé avant l’Aïd el-Fitr, le chef suprême, Hibatullah Akhundzada, ne s’est pas étendu sur les points de friction avec la communauté internationale, en particulier la réouverture des écoles secondaires pour les filles. Au contraire, il a estimé que la reconnaissance était la priorité «pour que nous puissions résoudre nos problèmes formellement et dans le respect des normes et principes diplomatiques». «Sans l’ombre d’un doute, le monde s’est transformé en un petit village», a ajouté Akhundzada, qui vit reclus à Kandahar, le centre spirituel des talibans, et n’avait jamais été vu en public entre sa nomination en 2016 et le retour au pouvoir des talibans. «L’Afghanistan a son rôle à jouer dans la paix et la stabilité du monde. À ce titre, le monde devrait reconnaître l’Émirat islamique», a-t-il ajouté. Ce message est publié alors que la situation sécuritaire se détériore en Afghanistan. Plusieurs attentats à la bombe, souvent revendiqués par le groupe État islamique et ciblant la minorité chiite hazara, ont été menés ces dernières semaines dans tout le pays. Akhundzada n’y a pas fait directement allusion, mais s’est réjoui que l’Afghanistan ait été capable de créer «une forte armée islamique et nationale», ainsi qu’un «solide service de renseignement». Une grande partie de la communauté internationale souhaite de son côté que la reconnaissance et l’aide humanitaire dont l’Afghanistan a désespérément besoin soient directement liées au respect des droits des femmes. Or, les talibans loin de faire des efforts sur ce chapitre continuent à cibler les femmes afghanes en faisant en sorte de tout leur interdire pour visiblement les obliger, tout simplement, à ne plus pouvoir quitter leurs domiciles.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img