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mardi 28 juin 2022

Menaces

L’un des grands espoirs de Donald Trump avait été
d’être capable de signer un accord de paix avec la Corée du Nord, ce qui aurait été un accomplissement assez remarquable. Mais les négociations qui avaient bien débuté avec Pyongyang ont fini par mener au mur. Aujourd’hui, deux semaines avant la prise de fonction de Joe Biden, Kim Jong-un a décidé de raviver les tensions avec les États-Unis, qu’il a qualifiés de «plus grand ennemi» de son pays. Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un a par ailleurs assuré que son pays allait se doter d’un sous-marin nucléaire, a rapporté, hier, l’agence officielle KCNA. Pyongyang «devrait se concentrer et se développer en vue de subvertir les États-Unis, le plus grand obstacle à notre révolution et notre plus grand ennemi», a-t-il déclaré lors du 8e congrès du parti au pouvoir, selon l’agence. Les déclarations de Kim interrogent quant à la relation qu’il entretiendra avec Joe Biden. Depuis 2016, ses rapports avec le président sortant Donald Trump ont été tumultueux. Après avoir échangé insultes et menaces de guerre nucléaire, Kim Jong-un et le président américain Donald Trump ont opéré un extraordinaire rapprochement, marqué par des rencontres aussi historiques que symboliques. Mais aucun progrès n’a été réalisé sur l’épineux dossier des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang. Les négociations sont au point mort depuis l’échec retentissant du deuxième sommet entre les deux hommes, fin février 2019 à Hanoi. Sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis devraient revenir à une approche beaucoup plus classique vis-à-vis de Pyongyang, en insistant notamment sur le fait qu’il faudra des progrès importants au niveau de groupes de travail avant même d’envisager une nouvelle rencontre entre chefs d’État. «Kim voit une impasse qui n’est pas près d’évoluer», estime Harry Kazianis, expert auprès du Center for the National Interest. La Corée du Nord a pendant des décennies alloué au développement de ces programmes de vastes ressources, quitte à écoper de sanctions toujours plus pénalisantes pour son économie et sa population. Le processus Kim-Trump a eu pour intermédiaire le Président sud-coréen, Moon Jae-in, mais le dirigeant nord-coréen a accusé Séoul de violer les accords inter-coréens. Pyongyang a reproché à Séoul d’ignorer ses mises en garde visant à faire «cesser les manœuvres militaires conjointes avec les États-Unis». Depuis l’arrivée de Kim au pouvoir il y a neuf ans, ces programmes ont fait de remarquables avancées, avec notamment plusieurs essais nucléaires et le test d’un missile susceptible d’atteindre le territoire continental américain. Lors de la réunion du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen a également annoncé que son pays a mené à bien un plan visant à se doter d’un sous-marin nucléaire. «De nouvelles recherches de planification pour un sous-marin nucléaire ont été menées à bien et sont sur le point d’entrer dans le processus d’examen final», a-t-il déclaré, selon l’agence. «Le pays devrait développer davantage la technologie nucléaire et produire des ogives nucléaires légères et de petite taille pour être utilisées en fonction des cibles visées», a-t-il ajouté. Le dirigeant a tenu ces propos au parti lors d’une présentation de travail de neuf heures, étendue sur trois jours, et dont KCNA a rapporté hier, pour la première fois, les détails. Grand-messe du parti au pouvoir, ce congrès vise à renforcer l’autorité du régime et est suivi de près par les experts de la Corée du Nord qui tentent de déceler tout signe d’inflexion de la politique d’un des pays les plus isolés au monde et l’un des seuls pays à menacer directement les États-Unis et qui a les moyens balistiques pour atteindre les côtes américaines.

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