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mardi 28 juin 2022

Menace

La vie politique française, habituellement assez paisible même si connaissant périodiquement des polémiques plus ou moins stériles, a été secouée en ce début de semaine par l’étrange menace de Jean-Christophe Lagarde à Éric Zemmour de lui «filer une balle dans la tête». Invité sur le plateau de France Info dimanche matin, le président de l’UDI a en effet déclaré : «Se foutre du monde au point de dire ‘’je suis un RPR’’… Mais monsieur Zemmour, si monsieur Pasqua était là, il te filerait une balle dans la tête». Une menace brutale et inédite qui a mis du temps à faire réagir, tant il semblerait que Zemmour soit sur la scène publique une personnalité que l’on peut se permettre d’insulter et même de menacer de mort. Il n’est d’ailleurs pas difficile d’imaginer le tollé absolu si les mêmes propos avaient été tenus vis-à-vis d’une personnalité différente. Que cela soit Emmanuel Macron, Anne Hidlago ou encore Jean-Luc Mélenchon, la levée de boucliers aurait été générale et sans réserve. Pour Zemmour, en revanche, l’on n’entend que quelques voix le défendre timidement et encore moins de voix le défendre totalement. Pour le moment, seul Éric Ciotti, candidat à la primaire des Républicains, a démontré ces dernières 48 heures une solidarité pleine avec le polémiste. C’est surtout sur les réseaux sociaux que l’indignation a été la plus forte. Face à la réaction outrée de nombre de Français, Lagarde a sans surprise accouché d’un mot exprimant des regrets digne d’un écolier. «Je regrette mon expression totalement inappropriée à propos de Pasqua et Zemmour ce matin, je voulais dire qu’à l’époque une telle imposture de sa part aurait eu une réplique des plus cinglantes. La violence doit toujours être bannie du débat politique. Mea Culpa». Postés sur twitter, ces quelques mots n’ont pas convaincu grand monde et encore moins le principal intéressé, Éric Zemmour, qui a rapidement réagi par voie de presse pour exprimer son dégoût. Concrètement, toutefois, Lagarde ne fera face à aucune réelle conséquence concernant ses propos, alors que l’on a vu le parquet de Paris s’auto-saisir pour des propos bien moins délictueux venant d’autres personnalités, dont Éric Zemmour notamment. Par ailleurs, si le dérapage du président de l’UDI a été largement condamné au sein de son propre parti, cela ne l’a pas été au point de menacer son poste. Il a ainsi été démontré que la machine à indignations qui s’ébroue assez régulièrement sur la scène politique française, prend soin de choisir ses victimes et ses bourreaux et que peu de personnes auront condamné sans conditions les propos violemment choquants d’un chef de parti visant un journaliste. F. M.

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