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mercredi 8 février 2023

Médiateur

Si malgré les apparences le régime communiste nord-coréen entretient de bons rapports avec de nombreux pays dans le monde, son premier allié et support et sans conteste la Chine qui a toujours servi de tampon salvateur entre Washington et Pyongyang. Aujourd’hui, alors que le régime nord-coréen reprend ses menaces et ses provocations envers l’Occident, le président chinois Xi Jinping a écrit au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, lui proposant de coopérer pour «accélérer la paix dans le monde», a annoncé, hier, l’agence d’État nord-coréenne KCNA. Cette lettre intervient alors que les tensions sont à leur comble dans la péninsule coréenne, après une série record d’essais de missiles par Pyongyang et alors que Séoul, Washington et Tokyo ont renforcé leur coopération militaire. Pyongyang a notamment lancé le 18 novembre un missile balistique intercontinental (ICBM) qui est tombé au large du Japon, et Kim Jong-un a menacé les États-Unis de riposte nucléaire si son pays était attaqué. «Le monde, l’époque et l’histoire sont en train de changer d’une façon sans précédent», a souligné Xi Jinping dans sa réponse à une lettre de Kim Jong-un, qui l’avait félicité pour sa reconduction historique à la tête du Parti communiste chinois et du pays en octobre. «Face à cette nouvelle situation, je suis prêt, avec vous, à contribuer positivement […] à accélérer la paix, la stabilité, le développement et la prospérité de la région et du reste du monde», a-t-il poursuivi. La Chine est le plus important allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, sous le coup de sévères sanctions des Nations unies pour ses programmes nucléaire et d’armement. À l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU lundi, la Chine et la Russie ont refusé de se joindre aux 14 pays, parmi lesquels les États-Unis, l’Inde, la France et le Royaume-Uni, qui ont condamné le tir de l’ICBM de Pyongyang le 18 novembre. En mai, Pékin et Moscou avaient opposé leur veto à un projet de résolution présenté par Washington pour renforcer les sanctions contre la Corée du Nord. Lors d’un entretien la semaine dernière en marge du Sommet du G20 à Bali, le président américain Joe Biden avait demandé à Xi Jinping de signifier «clairement» à la Corée du Nord de ne pas mener un nouvel essai nucléaire, comme Séoul et Washington lui en prêtent l’intention. «Il est certain que notre diplomatie va s’efforcer d’amener la Chine à rejoindre les pays qui condamnent cela publiquement aujourd’hui et à user de son influence pour persuader la Corée du Nord», avait ensuite déclaré un haut responsable américain. Pékin, elle-même dans une situation diplomatique délicate avec l’Occident et plus particulièrement avec Washington, joue ainsi dans cette circonstance tendue le rôle de médiateur. Mais la Chine a tout intérêt à ce que la tension avec Pyongyang perdure, lui offrant le beau rôle, indispensable, de médiateur pour la paix. Reste à voir comment l’Empire du Milieu réussira à tirer au mieux profit de cette situation qui oblige les Américains à mettre de côté, du moins pour un temps, leur hostilité anti-chinoise.

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