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mardi 2 mars 2021

Mauvaise exploitation passée des gisements : «Nous subissons les conséquences de ce que nous n’avons pas fait il y a 15 ans»

A l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, le Professeur Mourad Preure, expert international en pétrole, s’est exprimé, hier, sur les ondes de la Radio nationale sur les défis d’aujourd’hui concernant le secteur des hydrocarbures, notamment comment augmenter les rendements et améliorer les performances du secteur. Faut-il revoir l’approche et la stratégie actuelles qui consistent à exploiter juste le potentiel existant, ou faut-il une plus grande offensive sur les marchés existants en investissant le marché spot ? L’expert international en pétrole a alors souligné que «la question qui se pose aujourd’hui, c’est que nous disposons de ressources en hydrocarbures. Mais ces ressources sont en train de s’épuiser, non pas parce que le potentiel n’existe pas, mais parce que les investissements n’ont pas été faits il ya 15 ans et qu’on a manipulé de manière intempestive la législation pétrolière». «La conséquence a été que l’image de notre pays a été brouillée vis-à-vis de l’industrie pétrolière internationale, cela a donc découragé les investisseurs», a-t-il ajouté. En outre, Preure a indiqué que «la quantité de gaz qui devrait être réinjectée dans les gisements, notamment à Hassi Messaoud et Hassi R’mel pour augmenter la pression, a été réduite et dirigée vers l’exportation. C’est inacceptable. Non seulement on n’a pas investi, mais on a malmené nos gisements», précisant que le pétrole est une industrie à long terme et que nos installations ont souffert. «Nous subissons actuellement les conséquences de ce que nous n’avons pas fait il y a 15 ans. C’est un effet mécanique», a-t-il ajouté. Selon lui, voir aujourd’hui certains gisements décliner et tout à fait normal. Cependant, a-t-il dit, cela ne veut pas dire que ce déclin est irréversible. Sonatrach est en train de faire des études pour mieux comprendre la situation et l’état actuel du gisement de Hassi Messaoud et apporter les remèdes. «Il y a donc un effort et une action pour soigner ce gisement qui a beaucoup souffert», a-t-il indiqué. L’invité a évoqué également le problème de la consommation énergétique qui a carrément explosé ces dernières années et menace sérieusement les exportations. «On consomme 46 milliards de mètres cubes de gaz annuellement, soit une augmentation de 53 % depuis 2009. C’est excessif», a-t-il souligné. «Chaque mètre cube de gaz qui est consommé et qui peut être économisé est un mètre de cube de gaz qui peut être exporté ou peut être transformé», a estimé Preure.
Thinhinene Khouchi

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