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vendredi 12 août 2022

Maroc: Les enfants des centres de détention vulnérables aux trafiquants de drogue

La maltraitance et l’exploitation des enfants dans les centres de détention pour mineurs au Maroc font de ces derniers, une fois leur peine terminée, des personnes vulnérables et des proies faciles pour les réseaux des trafiquants de drogue.

Par Hocine H.

Selon Fatima Okadoum, la représentante de «Trait-d’union Prison-Société», une association marocaine de défense des droits de l’enfant, «les conditions dans les centres de détention pour mineurs au Maroc sont loin de répondre aux normes internationales clairement indiquées dans la Convention internationale relative aux droits des enfants, pourtant ratifiée par le Maroc». Pour la militante, «l’absence d’une prise en charge adéquate dans ces centres et la maltraitance que subissent les mineurs, le long de leur peine, développent chez ces derniers des comportements dangereux et agressifs qui les prédisposent à devenir de futurs criminels et trafiquants de drogue, une fois qu’ils se retrouvent à l’extérieur». Elle a affirmé, à ce propos, que «plusieurs enquêtes menées par son association auprès de ces enfants ont confirmé la prédisposition chez ces derniers à la criminalité et à rejoindre les réseaux de trafiquants de drogue». «Cette prédisposition à la criminalité fait que ces enfants retournent souvent aux centres de détention peu après leur sortie, en raison de leur implication dans des crimes divers, particulièrement le trafic de drogue», a argué Mme Okadoum dans son intervention à l’occasion d’une conférence sur «La criminalisation de la maltraitance des enfants dans les centres de détention pour mineurs». Mme Okadoum a plaidé, dans ce sens, pour l’application des peines alternatives et à l’instauration de lois en mesure de suivre les enfants après leur sortie des centres de détention, rappelant que «l’objectif de la mise en place des centres de détention est de rééduquer les enfants et non pas de faire d’eux de futurs criminels».

Trois enfants meurent «asphyxiés puis calcinés»
Trois enfants d’une migrante nigériane ont péri au Maroc «asphyxiés puis calcinés», lors de l’incendie de leur abri de fortune, installé dans le massif boisé de Gourougou (nord-ouest du pays), a indiqué l’Association marocaine des droits humains (AMDH). «La mère a fait un feu à l’intérieur de l’abri pour réchauffer ses petits qui sont morts lundi matin asphyxiés puis calcinés par l’incendie qui a pris dans leur tente de fortune», a expliqué Mohamed Amine Abidar, président de la section locale de l’AMDH. La mère a été admise «dans un état critique» dans un hôpital de la ville voisine de Nador, localité frontalière de l’enclave espagnole de Melilla. Il n’a pas été possible d’obtenir davantage de détails auprès des autorités.
Le massif de Gourougou est devenu au fil des ans un refuge pour de nombreux migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui cherchent à franchir une triple clôture, d’une longueur d’environ 12 km, pour rejoindre Melilla. Le décès de ces trois enfants «est un drame terrible. Les migrants dans cette région vivent dans des conditions précaires et inhumaines», a dénoncé M.Abidar, dont l’ONG est la plus importante organisation de défense des droits humains au Maroc. Les frontières de Melilla et Ceuta, l’autre enclave espagnole en territoire marocain, sont les seuls liens terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. A ce titre, elles sont soumises depuis des années à une très forte pression migratoire.
H. H.

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