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lundi 27 juin 2022

Maroc: Large campagne de solidarité avec une journaliste menacée de mort

Un groupe de militants marocains a lancé sur les réseaux sociaux une campagne de solidarité avec la journaliste marocaine Aïda Alami, menacée de mort pour avoir «raconté sans filtre» les procès iniques et les arrestations arbitraires dont font l’objet notamment les journalistes marocains.

Par Moncef G.

Les militants ont rapporté sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter que la journaliste Aïda Alami avait reçu «des menaces de mort» et des «messages d’insultes», en raison de sa couverture et du suivi sur des médias internationaux, des simulacres de procès et des arrestations arbitraires dont sont victimes les militants d’opinion et les journalistes marocains, notamment les journalistes Omar Radi et Soulaiman Raissouni. Immédiatement après la diffusion de cette information, un groupe de militants a lancé une campagne de solidarité avec la journaliste Alami, à partir du 8 mars, pour «dénoncer ce comportement qui porte atteinte au droit à la vie», soulignant que «ces menaces coïncident avec la célébration de la Journée internationale de la femme». La campagne a été lancée sous le hashtag : «Le journalisme n’est pas un crime». Les militants ont également souligné que ce «comportement criminel», en référence aux menaces de mort et insultes reçues par la journaliste, «est dû à son travail professionnel, qui raconte les faits sans filtre», et non comme le régime et ses acolytes le souhaitent pour faire taire sa voix. La journaliste marocaine Aïda Alami a, sur son compte Twitter, souligné qu’elle avait reçu «deux menaces de mort et des dizaines de messages d’insultes pour avoir raconté sans filtre les procès iniques dont font l’objet les journalistes».
Sur Twitter, l’Observatoire euro-méditerranéen (antenne marocaine) a exprimé sa «grave préoccupation» au sujet de la journaliste Alami, à la suite des menaces de mort et des messages d’insultes et de diffamation qu’elle avait reçus. L’Observatoire a imputé aux autorités marocaines l’«entière responsabilité» quant à la sécurité de la journaliste, appelant à «une enquête sérieuse» sur ces graves menaces.
Il est à noter qu’Aïda Alami est une journaliste marocaine indépendante, distinguée par ses écrits et publications dans des journaux et sites web de renommée mondiale, puisqu’elle a écrit des reportages sur l’Afrique, la France, les Caraïbes et, plus récemment sur le Sénégal. Son travail a été également publié, entre autres, dans le «New York Times», «The Financial Times» et BBC. La journaliste est spécialisée notamment dans les questions politiques, de l’immigration, des droits de l’Homme, de la religion et du racisme.

Procès des 45 enseignants contractuels : verdict attendu sur fond de contestation
Le verdict dans le procès des 45 enseignants contractuels arbitrairement arrêtés récemment lors de manifestations pacifiques au Maroc, doit être connu jeudi, sur fond de contestation accrue pour réclamer de meilleures conditions socioprofessionnelles pour la corporation, rapportent des médias.
Selon des médias marocains, le verdict devrait être prononcé contre 45 enseignants contractuels poursuivis pour «fausses accusations qui ont été fabriquées contre eux».
Parallèlement à cela, des enseignants contractuels ont manifesté devant les tribunaux marocains de première instance, dénonçant ce qu’ils ont qualifié de «procès fictif» contre les enseignants membres de la Coordination nationale des enseignants contractuels. La Coordination explique que ces actions s’inscrivent dans le cadre de la poursuite du mouvement de protestation contre la «répression féroce» subie par les participants aux rassemblements qu’ils ont observés au niveau du royaume les 2, 3 et 4 mars derniers. La même source ajoute que ces actions de protestation viennent en réponse à «la politique du ministère de tutelle qui fait la sourde oreille en ce qui concerne la gestion du secteur, et son manque d’interaction sérieuse avec la correspondance (du syndicat), et un certain nombre de demandes que les enseignants considèrent comme légitimes et réalisables». Les enseignants réclament, en effet, leur intégration immédiate dans la Fonction publique, comme le reste des professeurs, et d’être promus avec un salaire décent.

«Le régime en place a peur d’un soulèvement de grande ampleur»
Le membre dirigeant de l’Alliance de la fédération marocaine de gauche, Mohamed Sassi, a indiqué que les actions de protestation qui secouent actuellement le pays «font craindre au régime en place un soulèvement de grande ampleur».
Intervenant à l’occasion d’un colloque numérique organisé sous le thème «Maroc, acteurs et stratégies pour le changement», Mohamed Sassi a affirmé que 65 ans après son indépendance, le royaume n’a toujours pas surmonté les obstacles se dressant face au développement sur les plans économique, social et politique. «Les disparités sociales et régionales se sont amplifiées au Maroc, ce qui a divisé le pays en deux catégories, celle qui a tout et celle qui ne possède rien». «Dire que le Maroc est un pays en voie de développement n’est rien d’autre qu’une tentative de cacher l’incapacité (des dirigeants) à amorcer une vraie dynamique de développement», a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de mettre un terme aux inégalités sociales.
L’intervenant a assuré, en outre, que «le régime en place est dans un état de terreur et de peur d’un soulèvement (populaire)».
M. G.

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