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lundi 27 juin 2022

Marché

Si le divorce entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne a été difficile, long et contraignant, les négociations post-Brexit n’ont pas été plus faciles. Toutefois, l’interminable feuilleton du Brexit semble sur le point de toucher à sa fin, alors que le Parlement européen s’est prononcé mardi en faveur de l’accord commercial de l’UE avec le Royaume-Uni. Le Parlement européen a approuvé l’accord commercial conclu par l’Union européenne (UE) avec le Royaume-Uni, mettant un point final au dossier du Brexit, selon le résultat d’un vote officiellement annoncé hier. À l’issue du scrutin, organisé mardi soir, 660 députés ont approuvé le texte, 5 s’y sont opposés et 32 se sont abstenus, sur 697 votants. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a salué, hier, ce vote, dont l’issue favorable ne faisait aucun doute, comme «la dernière étape d’un long voyage». Cet accord «apporte de la stabilité à notre nouvelle relation avec l’UE en tant que partenaires commerciaux d’importance vitale, alliés proches et égaux souverains», a-t-il déclaré dans un communiqué. L’issue de ce scrutin, sur fond de tensions persistantes entre Londres et Bruxelles, ne faisait guère de doute, le président du Parlement européen, David Sassoli, ayant lui-même salué dans la soirée un vote sur «l’accord le plus ambitieux jamais conclu par l’UE avec un pays tiers». «Ce traité peut constituer la base sur laquelle nous construisons une nouvelle relation UE-Royaume-Uni tournée vers l’avenir», a-t-il ajouté. Le feu vert des eurodéputés sur cet accord conclu in extremis le 24 décembre dernier était devenu urgent : l’application provisoire du texte, effective depuis le début de l’année, s’achève vendredi. Et le Royaume-Uni exclut toute prolongation. Les relations entre Londres et Bruxelles ont déjà été profondément affectées par la décision britannique de quitter le marché unique, officielle depuis le 31 janvier 2020, mais effective seulement depuis le début de l’année. Les Européens reprochent notamment à Londres d’avoir violé le protocole irlandais contenu dans ce traité, en reportant certains contrôles douaniers et sanitaires qui devraient être menés entre la province britannique d’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, afin d’éviter le retour d’une frontière sur l’île d’Irlande. En signe de protestation, les eurodéputés ont longtemps retardé le moment de fixer une date pour donner leur feu vert à l’accord commercial. «Le gouvernement britannique ne doit pas prendre ce vote comme un chèque en blanc ou un vote de confiance aveugle», a prévenu l’eurodéputé luxembourgeois Christophe Hansen (PPE, droite). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dont les services ont entamé une procédure contre le Royaume-Uni pour violation du protocole, a assuré aux eurodéputés que l’UE «n’hésiterait pas si nécessaire à utiliser contre Londres les mesures de compensation unilatérales prévues par l’accord». Il faudra, toutefois, plusieurs mois, voire quelques années, pour voir l’efficacité de cet accord et surtout pour voir comment s’en sortent les Britanniques à qui l’on a promis durant des années qu’un Brexit les ruinerait et les isolerait du reste du monde et que leur salut ne se trouvait qu’au sein de l’UE. Un échec de la Grande-Bretagne à voguer seul serait ainsi une victoire de Bruxelles, tout comme une réussite des Britanniques à exister et prospérer par eux-mêmes serait un camouflet pour l’UE et ses défenseurs acharnés qui avaient voué aux gémonies les partisans du Brexit.

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