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dimanche 2 octobre 2022

Marché informel : Plus de 6 000 milliards de dinars ont circulé hors secteur bancaire en 2020

«La valeur des fonds échangés dans le circuit des marchés informels a été estimée à plus de 6 000 milliards de dinars fin 2020», a indiqué, hier, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, à l’occasion de la journée d’étude organisée au Conseil de la nation, consacrée à l’inclusion islamique.

Par Thinhinene Khouchi

L’informel gangrène l’économie nationale. En effet, lors de son intervention à l’occasion de la journée d’étude organisée au Conseil de la nation consacrée à l’inclusion islamique, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a révélé que des sommes importantes, en dehors des cercles bancaires, étaient échangées sur le marché noir en Algérie. Il a assuré que «plus de 6 000 milliards de dinars ont circulé en Algérie hors secteur bancaire à fin 2020». Ses propos viennent confirmer la note publiée par la Banque d’ Algérie expliquant que «la circulation fiduciaire hors banques est passée à 6 140,7 milliards (mds) de DA à fin 2020, contre 5 437,6 mds de DA à fin 2019, soit une augmentation de 12,93 %». «Ce qui correspond, à 34,73 % de la masse monétaire à fin 2020 contre 32,94 % à fin 2019», selon la note de la Banque d’Algérie. En outre, lors de cette journée consacrée à l’inclusion islamique, le ministre des Finances a indiqué que «la finance islamique s’élargit et prend des proportions en crescendo». En effet, si l’adoption du concept est déjà acquise par des banques publiques à l’image du CPA qui dispose de guichets à travers le pays, les autres banques publiques sont, inévitablement, appelées a faire de même tant le concept est adaptable à la société algérienne. Pour ce qui est du taux d’avancement de l’ouverture de guichets consacrés à la finance islamique, le ministre des Finances a indiqué : «Nous sommes à 133 guichets».
«Nous comptons arriver à plus de 320 avant la fin de l’année en cours», a soutenu Aymen Benabderrahmane.
De son côté, le président du Haut Conseil islamique, Bouabdellah Ghollamallah, a indiqué que «le lancement de la finance islamique et son penchant pour l’inclusion à travers l’ensemble des banques publiques est arrivé à point nommé». «Au niveau du HCI et ce, depuis sa création, nous avons sans cesse appelé au lancement de ce concept, comme il est d’usage dans plus de 80 pays à travers le monde», a-t-il indiqué en marge de cette journée consacrée à l’inclusion de la finance islamique. Par là même, Bouabdellah Ghollamallah a adressé ses vifs «remerciements» aux hautes autorités de permettre au HCI d’être «l’accompagnateur de ce concept appelé à se généraliser à travers l’Algérie».

Kamel Rezig : «L’heure est à l’adéquation de l’arsenal juridique pour un véritable lancement de l’inclusion de la finance islamique» S’exprimant à cette occasion, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a indiqué que «la finance islamique, conforme à la Charia islamique et qui est à un stade avancé dans plusieurs pays, doit être accompagnée de son corollaire aspect juridique en relation avec le registre du commerce pour pouvoir réussir l’inclusion de ce concept dans la vie commerciale du pays». «Il serait intéressant que ce concept vienne en complémentarité avec le modèle classique pour charrier le plus grand nombre d’adhérents et de clients», a-t-il souligné. Ce qui, selon lui, constituera la base forte idéale pour la relance de l’activité bancaire et financière en Algérie. Pour Kamel Rezig, l’heure en ce moment est à l’adéquation de l’arsenal juridique pour un véritable lancement de l’inclusion de la finance islamique dans le circuit commercial du pays. Il a notamment appelé à une complémentarité entre le concept de la finance islamique avec le mode classique de financement pour arriver à englober l’ensemble des investisseurs.
T. K.

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