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mardi 28 juin 2022

Malgré les enjeux de l’heure: Les partis politiques en pleine léthargie

Les partis politiques algériens semblent se complaire dans une léthargie prolongée, alors que le pays traverse une période charnière de son histoire. Hormis quelques activités éparses ou déclarations de circonstance, la classe politique semble nourrir une aversion pour le débat de fond et les actions de proximité. Pourtant, l’actualité nationale, tous secteurs confondus, est telle que leur apport est le bienvenu. A cela s’ajoutent les prochaines échéances électorales et les enjeux stratégiques auxquels est confronté le pays. L’épidémie de coronavirus n’est en aucun cas un argument pour cette absence injustifiée. Et pour preuve, ces mêmes formations pouvaient bien mettre à profit les réseaux sociaux pour marquer leur présence et se faire entendre. Les partis dont l’absence est la plus remarquée ne sont autres que le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND). Deux formations à l’avenir incertain et qui, tout compte fait, risquent gros aux prochaines élections. Il n’empêche qu’au lieu de se redéployer et revenir avec un discours nouveau et adapté à la nouvelle donne, induite par le hirak populaire et les réformes engagées, ils donnent plutôt l’image de formations réduites à l’ombre. Pour les autres partis et leaders politiques, leurs faits et gestes s’apparentent à des déclarations plates et sans relief, qui ne devraient pas trop intéresser le citoyen lambda. Indépendamment de l’avis exprimé sur le projet de loi électorale, des partis ne semblent pas trop portés sur les sujets liés au quotidien du citoyen.
Samedi dernier, le président du Mouvement El-Islah, Filali Ghouini, a salué le projet de révision de la loi électorale et souligné la nécessité de la promouvoir pour garantir un système électoral «ouvert et transparent» qui puisse «rétablir» la confiance des acteurs politiques et des citoyens. Le sujet est certes important, mais ce candidat malheureux à la précédente élection présidentielle pouvait bien intervenir et faire des propositions concernant le pouvoir d’achat du citoyen, la gestion de la crise financière et bien d’autres thèmes brûlants.
De son côté, en ce début de semaine, le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, intervenant au cours des travaux d’installation de la commission administrative de la fédération d’Alger du parti, a indiqué que la résolution de la crise nécessitait l’amorce d’un dialogue «national, inclusif et démocratique» rassemblant toutes les «forces vives» de la société en vue de dégager une «feuille de route consensuelle» permettant de «sortir de la crise et bâtir un Etat de droit et démocratique». Pour lui, la priorité du FFS est le lancement d’un processus politique national «rassembleur» qui sera adopté par toutes les forces politiques et sociales, et au sein duquel adhèrera tout le monde pour résoudre la crise. Le président du Parti voix du peuple (PVP), Lamine Osmani, a fait état, quant à lui, de la création, par sa formation politique, d’une plateforme numérique faisant office de «laboratoire» pour la réception d’observations et propositions des militants du parti au niveau national sur la mouture de l’avant-projet de la loi électorale.
Aussi, le président du Front de l’Algérie nouvelle (FAN), Djamel Benabdesslem, a appelé, il y a quelques jours depuis Bordj Bou-Arréridj, à «l’édification d’un front national solide pour faire face aux dangers et défis menaçant le pays». Mais la faiblesse du discours politique tel qu’exprimé et présenté par les responsables politiques, toutes formations confondues, se reflète dans l’absence d’écho parmi les foules, ni de répondant et de débats sur les réseaux sociaux. Ce qui n’est pas pour servir ces mêmes formations, ni apporter un plus à la scène politique avide d’idées novatrices et de propositions lucides en mesure de susciter l’intérêt du grand public.
Aomar Fekrache

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